INTERVENTION DE L ' A L L E M A G N E
de l'indépendance de la Bulgarie, modification de Fart. 29 et abolition de l'art. 25 du traité de Berlin. Ma proposition rencontra d'abord des hésitations et des doutes, mais finit graduellement par s'imposer. Elle resta secrète quelque temps, mais au milieu de mars, quand le public la connut, elle fut saluée avec complaisance par la presse européenne. Celle d' Italie fut unanime à la louer et celle d'Autriche-Hongrie ne lui fut pas moins favorable, par exemple l'intransigeante Reichspost du 17 mars... A Berlin, il n'y eut qu'une réserve, celle du consentement de l'Autriche...
« Pourquoi l'Allemagne pour menacer a-t-elle choisi le moment où la crise de la Bosnie-Herzégovine allait être résolue par l'accord de tous dans les formes légales... est une chose que je n'ai jamais pu expliquer...
« Nous étions aux derniers jours de mars. Je n'avais reçu de Berlin aucun avis de la démarche que l'Allemagne se proposait de faire. Déjà le 15 mars, le Chancelier et le Secrétaire des Affaires étrangères, quoique réservant la réponse officielle, s'étaient personnellement déclarés bien disposés pour la conférence dans les termes oii je l'avais circonscrite, et les ambassadeurs de France et d'Autriche- Hongrie s'étaient déclarés chaleureusement en sa faveur. Le seul indice des propositions allemandes me vint de Vienne le 16 mars, mais selon les méthodes traditionnelles de l'Autriche, en termes si vagues qu'ils ne laissaient pas entrevoir ce qui pouvait arriver. M. Mûller, chef de section au ministère des Af-
faires étrangères, alla trouver l'ambassadeur d'Italie pour lui dire que le baron d'iEhrenthal avant de répondre définitivement à ma proposition qu'il avait dès le|principe considérée avec' beaucoup de sympathie, devait attendre que le Gouvernement allemand ait reçu la réponse à la proposition qu'il avait faite au Gouvernement russe, A la question de notre ambassadeur au sujet du contenu de cette proposition allemande, M. Mûller ne donna pas une réponse concluante. A la même date, le baron d'^Ehrenthal télégraphiait au comte Lûtzow en termes analogues. Pendant ce temps, la communication allemande était faite à Pétersbourg. » (^)
Cette communication avait été précédée d'une période d'extrême tension entre la Russie et l'Autriche à la fin de laquelle ^hrenthal annonça qu'il allait profiter de ce que la Russie n'était pas prête pour la forcer par les armes à reconnaître l'annexion et à abandonner ]a Serbie. C'est alors que l'Allemagne chargea M. de Pourtalès, son ambassadeur à Saint- Pétersbourg, de prévenir M. Isvolski par « une mise en demeure péremptoire » qu'en cas de guerre avec l'Autriche-Hongrie, la Russie aurait aussi à faire à toutes les forces de l'Allemagne {*). On dit que
1) Nuova Antologia, 15 sept. 1916, p. 140, — Réimprimé dans Le Pagine dell'ora, 11-12, Il Giudizio délia storia sulla responsg,biliià délia guerra. — Il y a une édition française.
(^) M. le baron Beyens, écrit à ce sujet : « M. de Kiderlen, le premier, conseilla une démonstration menaçante de l'ambassadeur allemand à Saint-Pétersbourg, pour mettre fin rapidement au conflit. Sans doute n'était-il pas fâché de prouver au présomptueux d'^hrenthal qu'il ne pouvaùt se tirer tout seul d'embarras. Le succès qu'eut son conseil... rendit M. de Kiderlen très populaire dans l'entourage de l'Empereur