L IMPÉRATRICE FRÉDÉRIC A PARIS
triotes, alors dissoute légalement, se livrèrent dans une réunion publique à des violences de langage auxquelles la presse boulangiste fit écho. Des artistes, cjui avaient promis leur concours à l'impératrice se rétractèrent. La presse allemande en exprima une indignation dont l'unanimité laissait à penser qu'aucune consigne de modération ne lui était venue des cercles officiels. Guillaume II affecta une profonde colère. « Le Gouvernement français fut informé que, le 26 février, il avait eu avec le général de Waldersee une longue conversation à la suite de laquelle des dispositions avaient été prises en vue d'une mobilisation générale éventuelle. » Le lendemain, le secrétaire d'Etat Marschall de Biberstein eut avec M. Herbette,. notre ambassadeur, une conversation où il parla « sur un ton auquel les représentants de la République en Allemagne, même aux jours les plus sombres qui avaient suivi la paix de Francfort, même lors des incidents Schnsebelé et de Raonl'Etape, n'avaient jamais été accoutumés... Visiblement le Secrétaire d'État obéissait à une consigne. ))(^) Heureusement, l'impératrice était partie le 27 au matin. Tout danger d'incident injurieux pour elle fut ainsi conjuré, mais, grâce au travail de la presse des reptiles, l'impression que l'on ressentit hors de France (et particulièrement en Angleterre, pays natal de l'impératrice Frédéric) nous fut fort défavorable.
(M P. Albin-, la France et l'Allemagne en Europe, Paris, 1913. Ce^ qu'il en dit est évidemment écrit d'après des confidences de M. Herbette.
La situation diplomatique de l'Allemagne n'en devint que plus brillante. Le 28 juin, la Triple Alliance fut renouvelée. De plus, les relations de l'Angleterre avec les puissances qui la formaient étaient si bonnes que l'on disait que la Triple-Alliance était presque une Quadruple Alliance. L'Angleterre s'était en effet engagée à défendre les côtes de l'Italie si la flotte française les attaquait, et quoique l'on n'ait jamais su si cet engagement s'étendait au cas d'une attaque de l'Italie contre la France, il assurait l'écrasement de notre marine et la perte de nos colonies, si le premier casus belli venait à se réaliser.
La situation militaire de l'Allemagne était non moins bonne. Guillaume en concevait des espérances encpre plus grandes depuis qu'il avait mis le général de Schliefîen à la tête de F Etat-major général à la place de Waldersee.
Il essaya d'en profiter. Après avoir salué la reine régente à Amsterdam le 1®^ juillet 1891, il alla eu Angleterre et arriva à Cowes le 4 juillet, allant rendre visite à sa grand'mère à Osborne. Peu après son arrivée, il lui demanda une entrevue particulière dans laquelle il s'exprima ainsi :
« Une chose me préoccupe sans cesse, grand'mère, et me force à vous demander votre a\"is. La situation de l'Allemagne est intolérable et ne peut durer. Le pays ne pourrait supporter une année de plus l'efîort nécessaire pour maintenir notre armée en état de combattre. Le socialisme prend des proportions plus terribles chaque jour. Les alliés de l'Allemagne, en particulier l'Italie, ne peuvent poursuivre leurS armements, les efforts qu'ils exigent étant trop grands. La France au contraire devient