‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 73 sur 133 · NÉGOCIATIONS NAVALES · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS NAVALES

très désireux d'arriver à une entente avec l'Allemagne sur ce sujet, sir E. Grey proposa... que les attachés maritimes à Berlin et à Londres aient la permission de voir de temps en temps l'état de la construction des grands v?^isseaux. Le Gouvernement allemand refusa »... (^)

En juillet 1909, le prince de Bùlow démissionne. Il n'avait jamais personnellement montré ni grand désir, ni grand espoir d'arriver à une entente politique avec l'Angleterre : sa ligne de conduite à son égard avait toujours été celle de la « main libre ».

Son successeur, M. de Bethmann-Hollweg, arriva avec le programme inverse, ce qui donne à penser que l'Empereur lui avait fait la leçon en le nommant. « Peu après son entrée en fonctions, il commença à s'occuper lui-même des rapports entre la Grande- Bretagne et l'Allemagne, Il pria l'ambassadeur d'Angleterre de venir le voir et lui dit qu'il savait que la question navale était regardée en Angleterre comme le principal obstacle à l'établissement de relations vraiment cordiales entre les deux pays, que le Gouvernement allemand était maintenant prêt à faire des propositions pour un arrangement naval, mais que la discussion sur ce sujet ne pouvait être entreprise profitablement que si elle était basée sur la conviction qu'aucun des deux pays n'avait de desseins hostiles ou agressifs contre l'autre. Le Gouver-

(^) Nous avons extrait ces détails et les suivants de la brochure semi-officielle anglaise : « How Britain strove for peace, by sir Edward Cook. » — Bûlow réitéra ses déclarations dans un discours du 29 mars 1908 (Pinox, L'Europe et la Jeune Turquie, p. 44).

nement britannique... accueillit ces ouvertures cordialement... ^

« Les propositions navales faites par M. dé Bethmann-Hollweg étaient assez vagues. Il ne pouvait être question, fut-il expliqué, de changement dans la loi maritime allemande, car le Reichstag s'y opposerait, mais le Gouvernement consentait à discuter la question du « retard » dans la construction des nouveaux navires. Il ne fut point donné d'explication précise de cette formule. Il semble qu'on ait voulu dire que le nombre total des navires à achever en 1918 ne serait pas diminué, mais que le nombre des grands navires à construire serait réduit pendant les premières années et augmenté d'autant ensuite...

« La base de négociation navale suggérée par le Chancelier était ainsi vague, étroite et nébuleuse. Le quid pro quo réclamé par lui était positif et substantiel. La Grande-Bretagne devait devenir partie dans un engagement déclarant : 1° Qu'aucun des deux pays n'avait d'intention aggressive et qu'aucun des deux n'attaquerait l'autre ; 2^ qu'en cas d'attaque contre un des contractants faite par une tierce puissance ou par un groupe de puissances, le contractant non attaqué n'interviendrait pas ». Le Gouvernement anglais comprit qu'on lui demandait l'engagement d'abandonner la France et la Belgique dans le oas où « l'Allemagne se serait arrangée pour faire commencer les hostilités par l'Autriche » : il refusa d'accepter (automne 1909).

Parlant au Parlement en juillet 1910, Mr. Asquith fit savoir que le Gouvernement allemand n'avait pas

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