‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 74 sur 133 · NÉGOCIATIONS N A V A L E S · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS N A V A L E S

cru pouvoir rien faire, parce que l'opinion en Allemagne ne l'approuverait pas s'il réduisait les crédits pour la marine. Le Chancelier allemand contesta avoir opposé un non possumus et se déclara de nouveau prêt à discuter un retard temporaire. Le Gouvernement anglais fit alors de nouvelles propositions en août auxquelles il ne fut répondu qu'en octobre,^ Des négociations s'ouvrirent ensuite. Elles portaient sur quatre points :

1° Le retard temporaire : en mai 1911, le Chancelier retira ses propositions, alléguant la nécessité d'alimenter régulièrement l'industrie de la construction des navires ;

20 L'échange d'informations au sujet des constructions navales : le Gouvernement allemand ne répondit pas au mémorandum britannique acceptant ses propositions ;

3° L'engagement de ne pas augmenter le programme des constructions : ei octobre 1910, le Gouvernement allemand demanda quel engagement équivalent prendrait la Grande-Bretagne. Le Gouvernement anglais discutait sa réponse quand le Kaiser informa l'ambassadeur d'Angleterre que sous aucun prétexte il ne consentirait à un iccord interdisant à l'Allemagne d'augmenter son programme naval. Puis, en mai 1911, le [Chancelier retirant son offre de retarder les constructions, se déclara de nouveau prêt à examiner au projet de réduction mutuelle du programme de constructions ;

4° En même temps, il accepta les suggestions faites par sir E. Grey dans un discours du 13 mars 1911 au

sujet de la co iclusion d'un accord « réglant des questions spécifiques sans exclure le maintiei des amitiés avec la France et la Russie ». La réplique de l'Allemagne avait insisté avec emphase sur l'importance qu'elle attachait à une entente politique, mais l'arrangement proposé par le Chancelier était si étendu et. si intime qu'il excluait les « ententes » et n'avait pu être accepté.

« La situation des relations anglo-allemandes semblait pleine d'espérance », continue sir E. Cook (p. 27). « Le Kaiser vint à Londres pour assister à l'inauguration du monument de la reine Victoria et fut reçu avec enthousiasme par le peuple (^). Peu après, le prince impérial allemana assista au couronnement du roi George et fut pareillement accueilli. On rapporta à Berlin que les sentiments de l'Angleterre pour l'Allemagne étaient décidément amicaux... » Ces amabilités du K'iiser, de son fils et da Chancelier étaient un signe qu'ils allaient avoir besoin de la neutralité anglaise : on était à la veille d'Agadir.

(') « En 1911, l'Empereur allemand vint à Londres visiter le roi George... Il reçut le meilleur accueil qui lui ait jamais été fait dans ce pays et fut en quelque sorte un héros populaire pour le peuple anglais. Il fit des discours fort amicaux, se montra à la foule dans les rues, et parut simple, sans affectation et agréable... Quand il partit, les journaux étaient pleins de souhaits et de félicitations à son égard. » (Begbie, V indication, p. 130.)

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