ARMEMENTS ALLEMANDS
que la situation militaire et qui espérait que la situation diplomatique de l'Allemagne serait énormément renforcée à bref délai, était trop avisé pour partir en caxTipagne avant la réalisation de ces avantages. La nouvelle loi militaire avait été, en effet, votée le 30 juin ; l'armée allait être portée à l'effectif de 815.000 hommes par une augmentation de 4.000 officiers, 15.000 sous-officiers et 117.000 soldats d'un seul coup ; le trésor de guerre allait être triplé et de 150 millions de marks s'élever à 350; enfin une contribution de guerre de un milliard de marks devait être levée, non pas en plusieurs échéances, mais acquittée entièrement en entier avant le 1®^ juillet 1914 : « Il y a là pour nous une indication redoutable », écrivait le 15 mars 1913 M. de Faramond, notre attaché naval (^).
D'autre part, la diversion de la Turquie et de la Roumanie contre la Russie était invraisemblable
de rien. J'ai sous les yeux toute ma correspondance à ce sujet avec le marquis di San Giuliano et il en résulte que le comte Berchtold après avoir manifesté son intention de demander à la Serbie des concessions économiques ne les a jamais formulées. Dans divers télégrammes au marquis di San Giuliano, je me suis lamenté sur cette omission qui donnait aux rapports entre l'Autriche et la Serbie un caractère d'incertitude périlleuse. » (Il Giudizio délia storia, p. 143.)
(^) L'almanach berlinois Nauiicus, dans son tome XVI, dont la rédaction avait été terminée le 15 mai 1914, notait que le total des dépenses militaires et navales de l'Allemagne avait passé de 1.479.461,000 marks en 1913 à 2.245.633.000 en 1914 (y compris 409.646.000 provenant de 1 impôt de guerre. Comme la totalité de cet impôt était exigible avant le l^^ juJUgt 1914, on peut croire qu'elle était engagée secrètement pour des dépenses militaires qui étaient ainsi gagées d'une façon sûre.) Les dépenses des autres Etats avaient passé respectivement : Russie, de 1.751.670.000 à 1.834.991.000 ; Angleterre, de 1.571.398.000 à 1.640.874.00(i ; France, de 1.203.535.000 à 1.289.138.000 ; Autriche- Hongrie, de 651.469.000 à 726.637.000; Itahe, de 595.335.000 à 629.668.000. Seules les dépenses des Etats-Unis et du Japon avaient diminué.
à ee moment-là : toutes deux venaient d'avoir la guerre contre la Bulgarie et la paix bulgaro-turque ne fut même conclue que le 22 septembre. En attendant un peu, au contraire, on pouvait obtenir cette coopération ; le roi Carol témoignait une grande et bruyante satisfaction de l'appui diplomatique que venait de lui donner Guillaume ; il y avait tout lieu de penser qu'après un peu de repos, il pourrait entraîner de nouveau son peuple. Quant à la Turquie^ il est probable que les négociations étaient déjà engagées qui conduisirent à l'alliance conclue vers le milieu de novembre. Un peu de délai était donc nécessaire. Guillaume réussit une fois de plus à le faire comprendre à l'Archiduc.
La façon dont la situation se développa dans les Balkans montra combien Guillaume avait bien fait d'attendre. A la fm de l'automne, on annonça que des négociations étaient entamées entre la Roumanie et l'Autriche au sujet des Roumains de Transylvanie ; il est vrai qu'elles n'aboutirent pas, mais elles furent l'expression du désir des deux gouvernements d'arriver à une entente. Pendant la crise serbo-bulgare, la Roumanie avait penché tantôt vers la Russie, tantôt vers l'Autriche, selon qu'elle rencontrait plus d'approbation chez l'une ou chez l'autre. Après la paix, au sujet de laquelle le roi Carol avait télégraphié à Guillaume : « Grâce à vous, la paix demeure définitive », l'influence allemande redevint toute-puissante et elle s'employa avec efficacité à éliminer toute cause de froideur entre l'Autriche et la Roumanie. Le 28 octobre, le journal du Comité Union