‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 93 sur 133 · RAPPORTS A N G L O - A L L L M A N D S · texte numérisé non relu

RAPPORTS A N G L O - A L L L M A N D S

difficilement tolérer rétablissement permanent d'une grande puissance dans l'Archipel, la presse italienne affecta de voir dans cette déclaration le résultat d'intrigues françaises. Les sentiments germanophiles en furent indubitablement fortifiés en Italie. La Triple-Alliance, qui avait été renouvelée par anticipation le 6 décembre 1912, donnait l'impression en 1914 d'être plus solide que jamais (^).

L'incident d'Agadir ayant été clos par un traité, le 27 novembre 1911 sir E. Grey dans un discours au Parlement exprima son profond désir de voir les relations anglo-allemandes s'améliorer. La Grande-Bretagne, déclara-t-il avait l'intention de conserver les amitiiés qu'elle avait déjà, mais il n'y avait rien dans celles-ci qui put l'empêcher d'en contracter de nouvelles (*).

sans doute, à la Conférence de Londres, de 1912, sir Edward Grey, aurait voulu des promesses d'évacuation éventuelle. Il ne réussit pas. La Conférence régla que l'Italie conserverait provisoirement les îles conquises pendant la guerre italo-turquc. Sir E. Grey ne se tint pas pour battu et ses efforts continuèrent, -non sans qu'il en transpirât, quelque chose dans le public. En mai 1914, le marquis di San Giuliano demanda au Foreign Office des explications. (Dudon, apud Etudes publiées par les P. de la C. de J., 20 sept. 1916, p. 764.)

(^) Le prince de Bûlow écrivait en 1913 : « Même si l'Italie ne pouvait aller avec nous et avec l'Autriche (ou même si l'Autriche et nous, ne pouvions la suivre) jusqu'aux dernières conséquences dans toutes les complications mondiales, chacune des trois puissances serait cependant empêchée par l'Alliance de se joindre à l'adversaire. C'est ce que le prince de Bismarck avait en vue le jour où il a dit qu'il lui suffisait qu'un caporal italien avec un drapeau italien et un tambour fasse face à l'Orient (c'est-à-dire à la France) et non à l'Est (c'est-à-dire à l'Autriche). Tout le reste dépendra de la façon dont le conflit sera posé en Europe, de l'énergie avec laquelle notre armée agira, et de nos succès militaires et diplomatiques. La valeur ultime et complète d'une alliance ne s'éprouve qu'en cas de conflit. » IDeutschland unter K. ^Yilhelni II, Ed. I, p. 31.)

(^) Le passage saillant du discours était : « S'il doit se produire en Afrique de vastes modifications territoriales résultant, il va de soi.

Le gouvernement allemand profita de ces avances du gouvernement anglais pour mener avec lui des négociations caractéristiques.

« Au commencement de 1912, on fit savoir au gouvernement britannique qu'il serait agréable à l'Empereur allemand qu'un membre du Cabinet aille à Berlin pour discuter les relations entre les deux pays". Lord Haldane qui avait, à ce moment, l'intention de faire un voyage en Allemagne pour ses affaires, fut chargé d'aller à Berlin et de discuter la, situation avec le Chancelier allemand... Il était en pleine possession de la pensée du gouvernement et l'exprima à la fois avec douceur et avec netteté...

« Les préliminaires immédiats ne furent pas encourageants. Il arriva à Berlin le 9 février 1912, et deux jours auparavant, l'Empereur ouvrant le Reichstag, avait annoncé de grandes augmentations à la fois dans la marine et dans l'armée. Celles de la nouvelle loi navale étaient officiellement estimées à trois grands navires, 15.000 hommes, beaucoup de sous-marins, et une dépense de 325 millions (^).

Le chancelier Bethmann-Hollweg rédigea pour

de négociations conclues de bon gré avec d'autres puissances, nous n'y interviendrons pas comme concurrent ambitieux. Or, puisque nous n'interviendrons pas comme concurrent ambitieux, si l'Allemagne a à négocier des arrangements amicaux avec d'autres pays étrangers en ce qui concerne l'Afrique, nous ne serons nullement désireux de nous mettre sur son chemin, pas plus que sur celui de ces autres Etats. » La lettre du baron Greindl, ministre de Belgique à Berlin, en date du 6 décembre 1911, prouve qu'il n'avait pas compris ce passage, sans doute pour cette raison que, comme il le dit lui-même, « les commentaires des journaux allemands avaient presque entièrement porté sur les restrictions » que sir E. Grcy avait mises à ses assertions ami-cales. ^

(^) CooK, How Brilain stro^'e for peacCf p. 29.

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