‹ La diplomatie et le droit nouveauChapitre 15 sur 22 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

national, malgré Tantiquité de son origine, est conciliable avec les principes nouveaux sur lesquels reposent, depuis la révolution de 1789, les sociétés modernes, c'est ce que j'ai essayé de faire voir principalement dans le second de ces deux écrits, et sur quoi j'appelle, avec l'insistance d'une conviction ferme, l'attention des amis éclairés des idées modernes. C'est à eux principalement que je m'adresse, car c'est à eux qu'il importe de ne pas laisser imputer plus longtemps aux principes qui leur sont chers comme à moi, la ♦ solidarité d'un désordre qui émeut légitimement tous les intérêts, inquiète les plus justes

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susœptibilités nationales et a déjà produit des attentats dont s'affligent également la justice et la liberté.

Je n'ai point dissimulé pourtant que le respect des coutumes sur lesquelles se fonde l'iancien droit public de l'Europe impose au plus important des principes modernes, la souveraineté populaire, une certaine mesure de sacrifice. En laissant aux peuples le droit entier d'établir à leur gré dans l'intérieur de chaque État la forme de gouvernement qu'ils préfèrent, ces traditions de l'ancien droit ne leur permettent pas de renverser à leur gré, par des réunions ou des divisions improvisées, les frontières qui les se-

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parent. Elles soumettent toutes les modifications de ce genre, même celles qui sont appelées par le vœu sincère des populations, à la condition du concert préalable et du débat contradictoire des intérêts qui peuvent s'en alarmer. C'est là une restriction dont je ne veux pas atténuer la portée.

Mais depuis quand un droit périt-il, parce qu'il cesse d'être absolu et illimité? Et quel est même le droit de ce monde, si sacré soit-il, qui puisse subsister à l'état de latitude indéfinie et d'exercice sans contrôle? Tout l'état social repose sur l'abandon consenti par les individus d'une part de leurs droits propres, afin d'assurer à la fois

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et la sécurité du reste et la garantie du droit d'autrui. La propriété, la famille, la liberté personnelle, subissent dans toute société policée des restrictions de ce genre, et sont largement payées de ce qu'elles perdent par la tranquille possession de ce qu'elles gardent. Un tel échange est le fond même de la civilisation. Il n'y a que les sauvages qui, épris d'une liberté sans frein, épuisent leur droit tout entier et le poussent jusqu'à ce qu'il se brise à la limite de leurs forces. Élevons donc * notre pensée jusqu'à considérer l'Europe entière, comme une grande cité dont chaque peuple est citoyen. Nous ne serons pas surpris alors que cette

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