XVI AVANT-PROPOS
l'Evangile, la seule base d'action et de résistance solide et efficace.
III. Ajoutons que notre amour pour la patrie, pour la France, trouvera dans ce livre, sa vraie direction, son application la plus féconde. Il ne saurait en être autrement, puisque le meilleur chrétien sera également le meilleur citoyen, ainsi que N. S. Père le Pape le prouve dans ses Encycliques et ses discours. Napoléon entrevit aussi cette vérité, et c'est pourquoi il voulut avec sa ténacité habituelle, et le seul pour ainsi dire en France (Consalvi le répète souvent dans ses léttresj, le Concordat et le rétablissement de la religion catholique, comme moyen d'ordre et de gouvernement. Pas de religion, pas d'ordre, pas de société, pas de politique, d'unité et de force ! Assez d'expédients, d'équivoques et de protestations platoniques ! Notre faiblesse vient de notre manque d'union. Et nous ne sommes pas unis, parce que nous n'avons pas de principes certains et communs sur le point fondamental des vrais rapports qui doivent exister entre la Religion et l'Etat. Notre premier ennemi, le péché capital, l'obstacle à toute action sociale et politique sérieuse, c'est Vignorance. On discute, on parle, on se passionne, on ne s'entend pas : hene curris, sed extra viam ! Renseignez-vous d'abord, lisez ce livre attentivement, pénétrez-vous-en, vous parlerez après avec connaissance de cause, et vous agirez mieux ensuite. Que serait-il arrivé si, énergiques et unis, moins bavards qt plus réfléchis, nous avions su nous pliera une discipline salutaire, moins discuter et agir avec ensemble et avec suite ? La démocratie qui nous gouverne ne s'attaque qu'à ceux qui ne résistent pas. Est-ce que l'ami le plus chaud de la France, Léon XIII, ne nous le répète pas depuis assez longtemps ? JJsquequo, vous dit le Saint-Esprit, usquequo claudicatis in duas partes ? Si Dominus est Deus, sequimini eum : si autem Baal
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îaal, le Dieu-Etat que veut tout cumuler, tout absorber )ut dévorer !), si autem Baal, seqiiimini illum. Si le peule ne trouve rien à répondre au prophète, que répondront « Français dégénérés d'aujourd'hui ?
On ne respecte que ce qui est fort. Si les Catholiques ivent enfin se ressaisir, se discipliner, croire, obéir, se lire, se sanctifier, ne verrons-nous pas de vrais hommes 'Etat se lever, se dégager vivement des fausses idées et es faux principes, et arborer le drapeau de la Religion et es revendications légitimes qu elle éclaire de sa douce et sieste lumière ? On lit dans la vie de Garcia Moreno, que est après une étude consciencieuse de l'histoire de Eglise qu'il comprit ce qu'il y avait à faire pour retirer a patrie de l'abîme, et l'arracher aux sectes maçonniques ui l'entraînaient à sa ruine. Ce n'est pas lui qui aurait eu eur de l'influence de la religion et se serait mis en déflnce contre elle, comme Napoléon ]e fit trop souvent ! Il 'y eut pas (^'articles organiques dans la République de Equateur ! Veut-on quelques passages de son Concordat vec Rome conclu en 1862 f — « Comme le Pontife Romain , de droit divin, la Principauté d'honneur et de juridiction ur l'Eglise universelle, les Evêques, le clergé et le peuple ■immuni quer ont librement ai'ec le Siège Apostolique. Nulle utorité civile ne pourra donc, de quelque maniere que ce jit, empêcher le plein et entier exercice de cette communicaon, en obligeant les érêques, le clergé et le peuple à recourir u gouvernement pour avoir accès, quand il en sera besoin uprès du S. Siège, ou soumettre les lettres et rescrits du lênie Siège Apostolique à l'agrémsnt du gouvernement par e qu'on appelle Exequatur, Placet... )>
«... Les ordinaires des Eglises de la République pourront, vec une liberté absolue, gouverner leurs diocèses,., exercer ous les droits dit ministère propre à chacun, eti vertîi et par