‹ La diplomatie pontificale au XIX siècleChapitre 16 sur 68 · PRÉFACE XXIV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXIV

de Pie VI, envoyait à Cacault, ministre de la grande République à Rome, le billet suivant :

(( A qu?,tre heures de laprés-midi, est arrivé chez le card. Doria, Secrétaire d'Etat, un courrier expédié de Milan par le comte Gorirossi. Il lui envoie une note en date du 3 de ce mois, que lui a fait remettre le Général Bonaparte, lui ordonnant de l'expédier ici, ce qu'il a fait par un courrier extraordinaire. Cette note n'est qu'une invitation du général à traiter d'affaires de religion avec le comte.

» Par la même occasion, le susdit nous avertit que, dans la nuit du 2, le citoyen Joseph Bonaparte avait pris le chemin de Rome. »

Jusqu'à présent il ne m'a pas été donné de rechercher cette note de Bonaparte, dont le contenu était une mossa di discorso, ou invitation du futur Premier Consul à conférer avec lui d'affaires de religion. Mais sa teneur nous est révélée par l'abbé Sala, qui rapporte que, dans cette circonstance, Bonaparte « manifesta à l'Envoyé Pontifical son desi' que le Pape déclarât, par une Bulle, l'Eglise Constitutionnelle de France réunie à l'Eglise Catholique (1) ».

Un tel désir de Bonaparte me paraît authentique, car il mettait à découvert un autre côté du limbe qui couvrait l'infame dessein du Directoire, conduit par La Révellière- Lepaux, patriarch<> des théophilantropes, ennemi mortel du Vicaire de Jésus-Christ et de la religion catholique. Leur dessein consistait à enlever d'abord au Pape la souveraineté temporelle, ensuite à avilir sa dignité devant les

(l) G. A. Sala, Diano Ramano, I, 236

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