XXVI PREFACE
Or, cette idée, toute politique, et d'une politique vraiment infernale, de déclarer l'Eglise coiistitutionnelle de France unie à U Eglise catholique, ce qui n'est, en substance, que la formule d'une église nationale, c'est-à-dire de Véglise asservie à lEtat, ne quitta jamais l'âme de Bonaparte. Forcé qu'il était par une absolue nécessité, pour sauver la nation et réaliser ses plans ambitieux d'avenir, il s'employa énergiquement à restaurer en France la paix religieuse, et y réussit par la conclusion du Concordat, dont les négotiations font l'objet de ce volume.
Mais cette môme idée, que lui et ses conseillers dissimulèrent soigneusement pendant les négociations, se montra d'abord enveloppée des formes légales des articles organiques, et fut ensuite mise à exécution par une sorte de persécution raffinée et féroce qui remplit toute la période impériale.
Celui qui lira ces pages en verra la preuve, et sera convaincu. S'il veut une vraie démonstration, le lecteur la trouvera aux Pièces justificatives, Document n. IX, œuvre magistrale composée sur les articles organiques par le card. Antonelli par ordreduPape Pie VII. Dans ce document, le très-savant Cardinal soumet ces articles à l'examen de l'histoire et de la théologie, et en montre l'opposition formelle avec les décisions des souverains pontifes, avec les définitions des conciles œcuméniques, môme avec les décrets du roi très chrétien et les lettres des évoques
fait cette reflexion qui n'honore guère un écrivain catiiolique : « U ne servait à rien de mettre le Pape en contradiction avec lui-même, la logique il' ayaiit jamais beaucoup fi euri sur les bords chi Tibre {1. 150) ». Lui-même est-il sûr de sa logique ?
Trad. -