IV AVANT-PROPOS
par la menace des maux qu'il peut lui faire, s'il ne se plie à ses volontés et à ses désirs, de s'emparer même des Etats pontificaux et de Rome à titre de conquête, et enfin, dans un violent ultimatum, ne lui laisse que 5 jours pour réfléchir : Pie VII, quoique résolu « à étendre sa condescendance jusqu'aux dernières limites où elle puisse arriver », se contente de faire remarquer qu'il est « impossible d'appliquer à un traité concernant des matières religieuses les principes applicables aux traités politiques (p. IGl) », et il s'arme d'une inaltérable fermeté : il est dans la résolution, « mêm-î au péril de la vie, et de voir le Concordat non ratifié par la France, de ne pas faire un pas de plus ». De son lit où la fièvre le dévore, Consalvi écrit à Spina, et par lui au gouvernement français (28 mai 1801) : «... Si le Pape a cru que sa conscience ne lui permet pas les formules qui lui ont été présentées, Sa Sainteté est si forte, quand sa conscience est engagée, qu'EUe se résigne toujours à n'importe quel malheur, plutôt que de la trahir (p. 158). » Le Pape, écrit le ministre Cacault, « est homme de bon cœur et de bon caractère, mais il n'y a pas moyen de le décider d'autorité à signer hic et nunc... j'ai essayé de lui faire signer le Concordat seul., je n'y ai pas réussi... je ne l'ai pas seulement ébranlé (par l'ultimatum du 28 mai). » C'était le digne successeur de ce Pape Apostolique et Martyr qui, plutôt que de retirer les brefs qui condamnent la Constitution civile du clergé, préféra subir l'invasion, l'exil, la mort à Valence !
Je ne redirai pas les déboires de Mgr Spina. Consalvi est sur le point de donner sa démission de ministre du Pape, « car, écrit-il, je ne sacrifierai jamais mon honneur.. Je me démettrai plutôt de ministre que d'assister à la ruine ou à un grave dommage du Saint-Siège. Attende^s-