‹ La diplomatie pontificale au XIX siècleChapitre 26 sur 68 · O DO · texte numérisé non relu

O DO

Concile et avait la haute direction de la justice.

Le cardinal Joseph Doiia Pamphily (1751-1816), que sa petite taille fit appeler le Bref du Pape, était celui ([ui jouissait de moins d'estime, en raison des malheurs qui frappèrent Rome, ayant été secrétaire d Elat au temps de l'invasion des Français. Il fut certainement alors faible et peu sur ses gardes, et n'était pas homme à redresser le mouvement imprimé à la nef par les agissements d'un Zélada et d'un Azara (1). Quoi qu'il en soit, aj'^ant été nonce à Madrid et à Paris, et se trouvant alors à la tète de la congrégation du concile, il pouvait faire bénéficier de son expérience la congrégation du Concordat.

Gerdil (1718-1802), autrefois barnabite, était un des hommes les plus savants du siècle: avec cela humble, très-pieux, travailleur assidu. Sa coopération ne se borna pas ici aux questions de principes, elle fut aussi giandement utile au point de vue de la forme, car il était né et avait été élevé en Savoie.

Aurélien Roverella (1748-1812), était un esprit très-brillant

(1) Voir la Cii>llla calholica, n. 1180 du 19 août 1899. RiNiEni. — La Diplomane Pontificale au XIX siècie. Tome 1 —

nourri de fortes éludes, piiiicipaleineiit eu jurisprudence ; cependant le caractère chez lui n'était pas à la hauteur de l'esprit. Il fit grande opposition aux réformes de Cousalvi ; mais à l'égard de Bonaparte, il se montra faible ainsi que Doria en 1811, donnant tous deux à leur pourpre une couleur rouge qui n'était pas celle de Rome.

En fait de capacité eminente et de caractère inébranlable^ nul ne l'emportait sur le card. Della Somaglia (1744-1830), A la tête du gouvernement provisoire, lorsque Pie VII était encore à Venise (de mars à juillet 1800), il était alors préfet de ly Congrégation des rites, et jouissait de l'estime de tout le sacré collège. Il résista ensuite à Napoléon, fut élu par Pacca président de la junte gouvernementale de Rome en mars 1815, et, à 80 ans, devint secrétaire d'Etat de Léon XII. Il laissa par testament tous ses Liens à la Propagande.

Il faut donner une mention à part au card. Léonard Antonelli (1730-1811), dont l'élévation d'esprit, la générosité de cœur, et Tédat des œuvres lui gagnèrent l'estime des divers souverains et l'amour du peuple romain. Après de brillantes études faites à Rome, il parcourut vapidement une carrière honorée par les labeurs et les dignités : préfet des Archives du Château Saint-Ange (1753), secrétaire de la Propagande et du Consistoire (1757), déjà secrétaire du Cliilfre depuis 1749, chanoine de la basilique Vaticane (1763), assesseur du S. Office (1766).... il fut le premier cardinal créé par Pie VI (1775). Mal vu de Clément XIV, il composa et présenta à Pie VI un mémoire très-hardi et très-courageux en faveur des Jésuites supprimés (i).

(1) Il est cité par Zaleiiski dans son ouvrag-c : Les Jcsuites de la Russie Dlanciie, II. 362. Nous doutons cependant de l'audienticité de cet écrit, car nous n'en avons trouvé aucune trace ni aux Archives du Vatican, ni ailleurs. La seule mention qu'en fait Christophe de Murr dans son Journal (IX, 283) ne nous semble pas une garantie suffisante de l'authenticité d'un document de ce genre

LKS CARDiNAUX l)K LA COXGnt: G ATlON POUK LE CONCORDAT

Dans le célèbre démêlé du jeune duc de Panne, l'iufuuL Ferdinand, avec le Pape Clément XIII, h cause de ses fameux décrets coiitie la Bulle Unis;enitus et contre les droits de l'Eglise, Anlonelli prit la défense du Pape et de l'Eglise par ces non moins fameuses Lettres en forme de Bref 1^0 janvier 1768), qui soulevèrent les fureurs de Du Tillot, et de toutes les autres cours bourboniennes (i). Il arriva même qu'un habitant de Parme, venu à Rome pour punir l'auteur de ces lettres, tua un prélat, Antonelli de Vellétri, appelé Xavier, le prenant pour Léonard, assesseur du S. Office (12 Juillet 1768) (2).

Il se montra intrépide dans la prison delle Convertite, quand le commandant, qui s'était même instali-? dans le palais Dulia Pamphily habité par Antonelli, le pressa, lui et les autres

(1) Theiner expose ainsi celte affaire : « Comme préfet des Arc/iii>es secrètes du Saint-Siège, alors conservées au château Saint-Ange, il avait soutenu avec honneur une lutte savante avec le célèbre Muratori, en défendant les droits du Saint- Siège, sur le ducile de Parme et de Plaisance, que celui-ci avait contestes . » El il ajoute en note : « Voir le titre de cet ouvrage .' Ragioni delà sede Apostolica sopra il ducato di Parma e Piacenza esposta ai Sovrani e principi catUolici d'Europa, Roma ilGl, k voi. in 4» {Hist . des deux Conc. , 1 , 74). » Que dVrreurs en peu de lignes ! 1°, En 1767, Muratori étail mort depuis déjà 17 ans; 2o, l'ouvrage cilé n'est pas du card. Léonard, mais de son oncle Nicolas .\nlonelli (1697-I7b8); 30, il ne fut pas imprimé en 1767, mais en 1742 a sans indi<ation du lieu et du nom de l'imprimeur » ; 4°, Muratori « à qui le sollicitait d'écrire contre l'ouvrage de Mgr Antonelli repondit qu'il ne voulait pas se mêler de querelles » , qui ne regardaient pas son souverain. Voir Cancellieri. Cenotaphium Leonardi Antonelli, T^.^; Dizionario ili opere anonime (Milan, 1852) U , 408; Soli-Muratori, Vita d^ L. A. Muratori, p. 70. Evidemment Tlieiner, outre la coi\fusion qu'il fait du cardinal neveu avec l'oncle, prend Parme pour Ferrare, et Antonelli pour Fontanini.

(2) Ricard, Correspondance diplomatique du cardinal Mauri/. I, 342 ; Cancellieri, Cenotaphium Leonardi Antonelli, p. 57. Devenu ensuite évoque de Vellélri, le card. Antonelli fit « redoubler les suffrages poar l'âme du vertueux prélat qui avait été sacrifié à sa place .. , jusqu'alors il lui avait fait appliquer une Messe quotidienne (ibid.) » David Silvagni, faussaire romain de tous les sujets qu'il traite, accumule sur ce fait mille choses absurdes. Il parle d'excommunication lancée par le Pape « contre l'infant de Parme « lequel bref (d'excommunication) il attribue à Anlonelli ! La Corte e la società romana, II , 314)

cardinaux, de quitter la pourpre. Le cardinal lui répondit que de même qu'un soldat s'avilirait s'il abandonnait ou souillai ses insignes, ainsi se déshonorerait un cardinal revêtu de la pour pre, s'il renonçait à la livrée de prince de l'Eglise. Transport à Civitavecchia, et ensuite exilé en même temps que les autres il fit route vers la Toscane et resta quelques mois au couven des Passionnistes sur le mont Argentaro (1). Mais pour ne pa faire tort h ces religieux pour les biens qu'ils possédaient dan l'Etat romain, il prit le chemin de Naples aux premiers jours di Juillet, de là se rendit à Venise, s'employant toujours, par h parole et par les écrits, à la délivrance de Pie VI (2). L'influ enee qu'il exerça au Conclave tenu dans cette ville, est chosi connue et traitée par beaucoup d'auteurs.

Maintenant se présente devant nous la figure vraiment historique du card. Hercule Consalvi, de cet homme auquel, sani aucun doute, l'Etat et le gouvernemant pontifical furent, plus qu'à personne autre, à Rome, redevables d'honneur, de paix, de gloire, pendant plusieurs années.

Peu d'hommes, durant les vingt premières années dece siècle réunirent au même degré les qualités d'esprit, de cœur, df politesse, de culture générale en fait de sciences juridiques, exactes et artistiques; peu ont remporté autant d'avantages avec deî

(1) Baldassari, dans sa Relazione delle aiH'ersilà e palinieiiti di Pio il, park de mémoires, écrils au i-ouvent du mont Argentaro par le Card. Anlonelli. Nous n'avons pu en trouver aucune trace dans les écrits du Cardinal aux Ar<'bi v. Vatic.

Mais on les trouve, aulhographes . à la bibliothèque Vallicellnna, avec ce titre ; Relazione del Cord. Anlonelli suU'avvenuto in Roma dal 1797 al 17U9 (Fond Falsa Cappa, vol. XII, p. 7-35)

(2) Lettres du card. Antoneili à Mgr Caleppi, k juin 1798; et au card. Borgia, "Venise 31 août 1799. Arcbiv. Vatic. Italia, Appendice Epoca Napoleonica, vol. XYHI, XVII. Cf. Civiltà Catholica, n. 1180., p. 40i,

LES CAnOlNAUX DK LA CONGREGATION POUR LE CONCORDAT 101

moyens autres que la force des armes ; peu ont éprouvé, comme Consalvij la guerre acharnée que peuvent faire au vrai mérite .'ignorance, l'envie et toutes les autres passions. Dans le tableau ies vicissitudes de la Diplomatie pontificale que nous avons entrepris de décrire, nous aurons l'occasion de projeter sur ces mérités la splendeur sereine et éclatante qui découle de documents certains.

Né à Rome le 8 juin 1757 (1), il reçut la première éducation au collège des Scolopies, à Urbino, étudia la rhétorique et les sciences au séminaire de Frascati (1771-1776), qui, en 1771, fut enlevé aux Jésuites par le cardinal duc d'York. Revenu à Rome, 1 suivit le cours de droit et d'histoire à l'Académie ecclésiastique jusqu'en 1782.11 conserva, de cette époque, le souvenir afTec- ;ueux du célèbre Jésuite Zaccaria qui, h l'Académie, fut son processeur d'histoire, comme il se loua toujours de son maître de iialhématiques à Frascati, à l'enseignement duquel il attribuait îette clarté et cette rectitude d'idées dont il fut constamment aloux. 11 entre alors dans la vie publique comme camérier secret du Pape (1784), ponent du Buon governo (1786), secrétaire de la congrégation cardinalice pour le célèbre établissement 'le Saint- Michel a Ripa (1787), votant de signature (1790), ;t enfin auditeur de Rote en 1792. Ce dernier emploi était le >eul qu'il recherchât, comme plus conforme à son inclination ît à ses études, et pr.rce que, tandis (ju'il lui assurait une ceraine indépendance de vie, il lui donnait, aux mois libres, l'occalion de voyager, afia de mieux connaître les hommes et les îhoses qui se passaient au delà des rives baignées par le Tibre.

(1) Le Cardinal appartenait à la très noble famille des comtes Brunarri de ?ise, dont un membre s'ótal)iit dans la A'ille de Toscanella, province de Viterbe. \,hi, un certain Her<'ule des marquis Consalvi laissa au comte Grégoire Brunacci, lïeul de notre Cardinal, un riche héritage, à la condition de prendre le nom et la levise nobiliaire des Consalvi. De là, cette famille Brunacci-Consalvi alla s'éta- )lir à Rome. Crétineau-Joly, Mémoires du Cardinal Consalvi, II , 3-4

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La noblesse de race, rélégaiice des manières, la finesse d'espiit, la parole facile et une grande dextérité dans le maniement des affaires lui acquirent en peu de temps l'estime affectueuse de Pie VI, au cœur magnanime et juste, et le mirent en relations d'amitié avec les Giustinia, les Odescalclii, les Ruspoli, les Patrizi, les Chigi, les piinces de Teano et d'autres familles patriciennes de Rome (1) Durant la funeste î»nnée 1796, on créa une congrégation des afFaires militaires, et Consalvi en devint assesseur.

Le but de cette congrégation était d'empêcher tout mouvement de rébellion intestine, que des émissaires de la république française, répandus dans Rome, travaillaient à communicjtier à une poignée de factieux dont Rome a toujours été infectée. Consalvi était l'iiomme de la situation: dans son poste, il était le canal qui mettait la secrétaireric d'Etat en relation avec tous les événements d'ordre civil qui pouvaient réclamer l'intervention de la force armée. Et, en cela, sa perspicacité et sa modération d'esprit furent telles que, pendant trois ans, en dépit des menées jacobines, des désirs et des ordres du Directoire de Paris, cette poignée de rebelles, parricides de Rome et de Pie VI, ne put trouver un prétexte pour appeler datis la ville les troupes républicaines, pas même sous le couvert hypocrite d'une manifestation publique de la volonté nationale! Le 10 février 1798, Rerthier attendit donc inutilement , du haut du mont Marins, une émeute à Rome, préparée dans les loges maçonniques d'accord avec lui: personne ne put bouger; et luimême n'occupa la ville que sous le misérable prétexte de venger la mort du général Diiphot, arrivée, peut-on dire, par hasard, et qu'avait, du reste, bien méritée ce forcené jac(jbin ; il le fit, quoi-

(1) Capefig'ue, auteur des Diplomates européens , nous trace de Consalvi le portrait suivant; « Le cardinal Hercule Gonsalvi, dont le nom illustre se mule à tou tes les transactions diplomatiques du Si'inl Siège. . . était un exquis musicien, ur bon poète, l'ami de Gimarosa ; il avait une admirable expression de tète, et le célèbre peintre anj^iais Lawrence disait qu'il n'avait jamais \\i de pareils yeux... i. Cf. D'AngEBERG, Le congrès de Vienne, l, LXII.

LES CAnOlNAUX DU I.A CONGnÉGATlON POUR LE CONCORDAT 103

que le gouvernement romain eût offert toutes les satisfactions possibles (1).

Lors(jue Pie VI eut été inhumainement chassé de Rome, la haine des nouveaux maîtres se déchaîna principalement contre Consalvi, que le Directoire avait mis en tête de la liste des condamnés. On renorasfea à fuir, il refusa; il fut alors enfermé au Château Saint-Ange. De là, après l'avoir fait passer au couvent delle Convertite^ et conduire avec les autresà Civitavecchia, au lieu de le laisser s'embarquer, on le rappela à Rome. Là, un certain Liborio Angelucci, l'un des trente tyranneaux, et qui de phlébotomiste était devenu consul de la république romaine, fit décréter la confiscation de ses biens: il voulait, en outre, que Consalvi fût tiiené par les grandes rues de la ville, monté sur un âne et accompagné d'iin sbiie le f<Miellant à la vuo de tout Rome (2); le nouveau commandant français, Gouvion-Saitit-Cyr, qui avait succédé à Berthier, s'opposa h cet infâme traitement.

Après la confiscation de ses biens, et la condannation à l'exil avec défense il aller en Toscane où était Pie VI, il repartit de Rome, vers la fin d'avril 1798, en compagnie de 18 galériens, parmi lesquels il était marqué du n° 13. Libre enfin de sa personne, il se dirigea vers Naples, d'où ensuite, ayant obtenu avec peine la liberté de se rendre à Florence, il y courut en toute hâte, surmontant tous les obstacles et tous les dangers; cette périlleuse audace lui permit de revoir l'auguste Exilé, et d'épancher à ses pieds et dans ses bras les sentiments de son cœur, son affection et ses larmes. Comme on fut inexorable pour lui refuser d'accompagner Pie VI, il se réfugia à Venise

(1) Voir Civiltà Gatholica, Memoria centenaria di Pio VI, n° 1180, p. 401 (19 aoùl 1899).

(2) On avait déjà loué les fenêtres du Corso, pour assister à ce nouveau spectacle, dont les Jacobins de Rome et les dames des Consuls, spécialement la femme d'Angelucci et celle de l'éruJit Visconti faisaient d'avance des gorges chaudes. Méritoires du Cardinal Comahi (1866), II , 91,

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vers la fin de septembre; l'année suivante 1799. au conclave qui se tint dans celte ville au mois de décembre, il fut choisi par les cardinaux, o« /;e/<^ dire à l'unanimilé des suffrages, comme secrétaire, et, plus tard, spontanément nommé par Pie VII pro-secrétaire, et bientôt secrétaire d'Etat (mars 1800). Les brigues au moyen desquelles Consalvi serait parvenu à ce double emploi, n'ont d'autre fondement que l'erreur de quelque historien mal informé, ou les cabales de ce parti ([ui en voulut toujours à Consalvi. C'est que, vraiment, le mérite éminent de cet homme faisait ombrage et aux médiocres qui regrettaient le passé, et aux présomptueux Solons, nouveaux venus, qui, par son élévation à une si haute dignité, trouvaient qu'on faisait peu de cas de leur propre mérite et de leurs talents réformateurs (1).

(1) C'est ce qu'on était en droit de conclure des documents contenus dans Baldassari, Relazione delle arccrsiid. . . di Pio VI (Rome, 1889) Il , 407 et suiv. > Vau Duerni, Un peu plus de lumière sur le Conciare de Venise, p. 244 et passim ; Ricard, Correspondance diplomatique du Cardinal Maury, f , 365-437, Grélineau- Joly, Mémoires du Cardinal Consalri (1866), II, 98-117. Par conséquent le récit des intrigues de Consalvi pour le double secrétariat, fall par Artaud de Montor, Histoire de Pie VII , I, eh. V, est reconnu entièrement faux. Cependant dans 'Archivio della lì. Società romana di storia patria, 1887, p. 213, on trouve le même refrain sous la plume plus autorisée de l'abbé puis card. G. A. Sala, qu'y rapporte G. Cugnoni ; « Monseigneur Consalvi... qui cisait à être secrétaire d'Etat et Cardinal, comme il le devint peu après, s'étant mis à la tête des affaires à Venise, et n'étant pas assez au courant des choses de chez nous, aurait <;ommis l)ien des bévues, fut fùc'né d'avoir pour correcteur l'abbé Sala (^Dominique, frère de l'e'cricain), et de devoir parfois céder au sentiment de quelqu'un qui lui était inférieur... » Sur ces visées de Consalvi pour être Secrétaire d'Etat et Cardinal, et qu'il *«e soit mis à la téle des affaires, non seulement il n'y a pas de preuves, mais des Mémoires de Consalvi ; des nombreuses lettres des cardinaux Hercan et Maury, aux ouvrages cités ; de celles de Ghislieri, rapportées par Van Duerm [ouvr . cité) ; des relations des Cardinaux De Gregorio et Caracciolo, faites à Baldassari [ouvr. cité); de beaucoup de documents que nous avons consultés aux Archives secrètes du Vatican ; du caractère même de Consalvi, ces affirmations reçoivent un plein démenti. Les frères Sala étaient du parti contraire à Consalvi; de là l'exagération inévitable que la passion glisse même dans les écrits d'hommes distingués.

LES CARDINAUX DE LA CONCnEGATlON POUR LE CONCORDAT

Jamais peut-être Rome et l'Etat pontifical ne s'étaient trouvés dans une situation aussi lamentable^ comme au temps de l'élection de Pie VII : le Trésor était vide et endetté; les campagnes désolées par la triple invasion des Français, des républicains, des Austro-Napolitains; le Vatican et le Quirinal saccagés ; les palais des princes romains mis, on peut le dire, au pillage; la tleurdes œuvres d'art, statues, tableaux, numismatique, manuscrits, ciselures, tiansportés à Paris par centaines de chars, à la vue de l'Italie stupéfaite et frémissante, et le reste à Naples. Le tableau ofliciel suivant (1800, ou mieux d'avril à mai 1798) nous offrira une vue d'ensemble de l'Etat financier et politique à cette époque:

Pertes que le S. Siège a faites depuis

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