TOTAL
(1) Mode de payement : 3^4 en ordonnances.
(2) » » » l^'i en numéraire efl'ectif.
(3) » » » En boas admissibles en entier en payement de domaines
nationaux.
(4) » » » En Cédilles sur la Republique Romaine, (Arch. Vatic. Nunziatura di Firenze, vol. 252)
L'intérêt que portait Berthier h cet acquéreur Je biens nationaux s'explique par ce passage d'une lettre de Consalvi au nonce extraordinaire à Florence, Mgr Caleppi, du 22 mai 1801:
...Quant à Berthier, vous ne pouvez croire à quel point M. Delosme s'intéresse à lui. Il y a ceci : la créance de Berthier dépend de celle de Périllier ; href, c'est un cadeau qui a été promis à Berthier quand celui-ci lui donna le commissariat des fournitures...
C'est-à-dire qu'entre Berthier et Périllier avait été conclu un marché par lequel le premier, général en chef de l'armée d'invasion,en 1798, à Rome, avait accordé à l'autre l'emploi de fournisseur militaire, à la condition qu'on lui donnerait 30 mille piastres, ou 210,000 francs ! De la sorte, ce jacobin devenu généralissime, outre les beaux yeux de la Visconti, subissait volontiers d'autres attraits non moins irrésistibles dans cette ville de Rome (1). Et le bon Consalvi ne cessait de garantir la créance de Berthier, quoiqu'il dût, sur la somme réclamée par le four» nisseur lié par sa promesse, en défalquer une bonne partie. C'est pourquoi le consciencieux ministre ajoutait dans une autre lettre du 28 mai :
...Vous pouvez assurer au général Berthier que, en toute hypothèse, sa créance sera sauve, pourvu toutefois que Périllier l'admette, car nous ne pouvons, avec ce qui est à lui, satisfaire un créancier qui ne serait pas reconnu par lui en bonne et due forme (ce qu'il faut bien faire comprendre à Berthier) ; il sera également payé ; mais autre chose est lui garantir une créance (ce qui est l'important pour lui), et autre chose est de l'exiger de suite comme il le voudrait ; cela, d'ailleurs, serait absolument impossible (2).
(1) Sur les relations de Berthier avec la Visconti, il faut consulter Thiébault, Mémoires, V, 322.
(2) Archiv. Vatic. , Nunziat. di Firenze, vol. 252, lettre déjà citée, celles des 16 et 28 mai 1801, et pastini.
C'est de bien meilleure grâce que, à cette même époque, Consalvi consentit à se venger du ridicule auquel, il y avait à peine deux ans, l'ex-consul Liborio Angelucci voulait l'exposer en pleine Ronie^ ainsi que nous l'avons raconté plus haut. Ce chirurgien patriote, après avoir déposé les faisceaux consulaires,errait hors de Rome, odieux aux Français comme tous les autres patriotes, en proie à la misère et à tons les vices, prêt à servir d'espion au gouvernement pontifical, comme de fait cela arriva. Il s'adressa à Consalvi pour en obtenir un secours pour lui et sa famille ! Le Cardinal écrivait sur cela à Mgr Caleppi :
Quant à Angelucci, je verrai si je puis rien faire pour sa femme. Après tout, j'avoue qu'il ne me sera pas désagréable de me venger de son décret par lequel il m'envoyait sur un âne à travers la ville de Rome... Au sujet d'Angelucci, il sera mieux, je crois, d'avoir d'autres agents que lui ; si outre Baduel [autre patriote espion] on croit qu'Angelucci peut rendre quelque service, il ne sera pas mal de lui donner quelque chose à faire, mais il faut de la discrétion, pour ne pas nous trouver bernés ou faussement renseignés, ce qu'on a toujours à craindre (1).
L'anecdote suivante, choisie entre bien d'autres, servira de cadre pour décrire la figure du grand ministre de Pie VU, et d'argument pour nous faire détester de plus en plus ces temps de l'absolutisme, où la justice pontificale aurait été, au dire de nos modernes pédants, si mal administrée, vu surtout les longueurs infinies d'une justice... vieillie.
L'auguste dépouille mortelle de Pie VI, transportée de Valence à Rome, était arrivée, le 16 février 1802, dans le voisinage de la porte Flaminia ; dans la nuit du 16 au 17, elle fut déposée dans la chapelle d'une maison voisine appelé l'Orto di Bracciano, d'où le jour suivant, on devait la conduire en grande pompe pour être ensevelie dans la basilique de S. Pierre. Or, le maître de l'Orto di Bracciano, heureux de la bonne fortune échue à sa maison, sai-
(1) Ibid.
118 CHAPITRE CrNQUlÈME
sit de suite cette occasion pour dégiever à perpéluiiè de lout impôt du fisc la maison et la vigne, comme ayant été sanctifiées par le contact de ce sacré dépôt. Ayant donc fait composer une inscription, attestant comme accordée une grâce pontificale, il va trouver l'éditeur Bombelli pour la faire imprimer sans autre formalité. Les employés typographes, en Tabsence du patron, firent d'abord quelque diiïiculté pour imprimer quelque chose qui ne portait pas V Imprimatur; mais un certain «bbé Giovenazzi s'étant porté caution, l'inscription fut imprimée en deux copies seulement, l'une pour le Pape et l'autre pour, le Secrétaire d'Etat (1).
Mais voilà que le Maître du sacré palais, par un billet adressé au Secrétaire d'Etat, où il rapportait le fait, se plaignit quelque peu de ce qui était arrivé, et ajoutait: « Je vois que mon autorité est mise de côté ; je pourrais procéder yj/"o//< de jure ; mais à défaut d'accusation formelle et de mon juge criminel ordinaire, je ne puis faire autre chose que remettre toute celte afT.iire entre les mains de V. E. de qui je suis, avec toute mon estime etc.
Au dos de cette lettre, Consalvi écrivit : Qu'on fasse i>enir chez moi le libraire Bombelli et qu'on me la rapporte (la feuille). Quand le libraire fut là, il écrit au dessous : Qu'on écrii'e au M. du S. P. que fai puni Bombelli d'une amende de dix écus. Et il fut ainsi fait (2).
Tels étaient les cardinaux dont se composait la congrégation pour le Concordat . il nous reste à rapporter leurs sentiments sur l'examen de cette très grave affaire.
(1) Voici celte singulière inscription : Huic suburbano | cum borto vinea, et pomaris | Q. q. t. et pop, | Immunitas perpetua pensionum fiscalium data est | Rescriptio D, N. I Pii VII Pont Max. | optimi indulgenlissimique principis | Quod in eo I Pii Pont. Max. decessoris ossa j Ab Valentia Cavarum in urbem delata,
(2) La réponse ainsi que la lettre sont conservées aux Arcbiv, Vatic. , Ualia Appena. Epoc . Napoléon. , vol. XIV, carton B.
Pie VII et les votes des Cardinaux sur le Concordat.
Avril-mai 1801
SOMMAIRE
I. Pie VII, qualités personnelles, premiers actes de son gouvernetneat, sa conduite au sujet du Concordat.
II. Congrégation particulière du 3 avril 1801 : votes des Cardinaux.