‹ La diplomatie pontificale au XIX siècleChapitre 37 sur 68 · UN CARDINAL LEGAT A LATEBE A PARIS · texte numérisé non relu

UN CARDINAL LEGAT A LATEBE A PARIS

pouvant envoyer l'autre, se décida pour le premier, et le fit partir pour Paris. La suite expliqua et justifia les demandes de l'un, et la répug-nance de l'autre. Je n'ai pas l'intention de m'en prendre aux intentions de Caprara, que j'ai toutes les raisons de croire pures. Mais durant tout lé cours de sa Légation, il a eu pour maxime, niiil nij avait que la condescendance qui pût sauver Rome des ruines extrêmes^ tant au spirituel qu au temporel, vu la qualité et le caractère de celui dont la volonté faisait loi. Il faut, disait-il toujours, rester à tout prix sur ses pieds, parce que, si l'on tombe une fois, on ne se relève plus. D'après cette maxime, il fit une infinité de choses qu'à Rome on eut bien souhaité qu'il n'eût pas faites. Il a souvent agi sans prendre les ordres du Pape, et quelquefois même, croyant bien faire, contre ses ordres. Les choses consommées se trouvaient alors sans remède, et les réclamations du Saint-Père devenaient inutiles. Plus d'une fois son rappel fut décidé, on ne ^ui jamais l'effectuer. Mais assez de cette digression (1). »

Or ces paroles ont plus que suffi, pour que Theiner se levât avec ses deux volumes sur les deux Concordats pour venger Caprara des reproches de faiblesse, et écrire contre le Cardinal Consalvi des choses beaucoup plus fortes que celui-ci n'en avait dit sur le Légat (2). Qu'un écrivain quelconque prenne la défense

Duphot près de la porte Setlimiana, l'ambassadeur Joseph Bonaparte en faisant peser la responsabilité sur les soldats du Pape, Doria ne fut bon que pour présenter des excuses et des indemnités !

(1) L'auteur fait remarquer l'exactitude de la traduction des Mémoires de Gonsalvi par Grétineau-Joly, ici comme ailleurs (Voir plus haut chap. XH, n. IV)

(2) « Voilà l'homme, dont Consalvi [le Cardinal) a essayé, dans ses mémoires de 1812 de rabaisser le mérite... A peine retourné à Rome [Consalvi).,, commença à traiter lesufifaires de l'Eglise, en France, presque avec autant de régularité et de précision que s'il n'y eut eu dans ce pays aucun, boulepersement, . , Quant à nous, nous ne voyons point dans Caprara, l'homme faible et pusillanime que Consalvi et M. d'Huussoiiville nous représentent [Histoire des deux Concordats, l, 316-17). »

Pour comprendre combien sont fausses ces affirmations, on doit savoir que les

de la vérité contre n'importe qui, c'est une œuvre louable ; mais pour qu'un homme, prêtre et religieux, et honoré à ce point de la confiance du Saint-Siège qu'il lui confie la garde^e ses archives secrètes , en vienne à attaquer le plus illustre champion qu'ait eu le Saint-Siège au siècle dernier, comme l'a été le Cardinal Consalvi, il faut avoir quelque grave erreur à dénoncer et à réfuter. Or tel n'est pas le cas de Theiner : le passage de ses Mémoires où Consalvi juge la maxime qui a servi de règle de conduite au cardinal Légat^ renferme des vérités certaines et nullement exagérées^ comme on le verra clairement et que nous le montrerons pas à pas par les actes et la correspondance du Légat, et par le blâme que plusieurs de ses décisions reçurent du collège des Cardinaux et du Pape. Le P. Theiner, en entreprenant une apologie que ne réclamait pas la vérité, au lieu de défendre le card. Caprara qui n'en avait aucun besoin, eut donc en vue une autre apologie qui ne fera pas honneur h son nom, quel que soit le motif qui le porta à recevoir des archives napoléoniennes les preuves de sa thèse.

Ceci suffira pour faire connaître la personne du Légat, au sujet duquel, sans recourir aux jugements portés par d'autres, tout lecteur pourra se faire une opinion personnelle par la vue de ces actes que cette histoire développera devant lui. Il faut avouer cependant que la mission dont Caprara fut chargé, vues les circonstances de temps et de personnes, était une des plus difficiles qui aient jamais été confiées ii un envoyé du Siège apostolique.Et s'il est facile de juger, api es coup, les événements que nous voyons comme se mouvoir et se réaliser successivement sur la grande scène de l'histoire, il est juste aussi de considérer

dépèches sur les aflaires ecclésiastiques envoyées par Consalvi au card. Légat, étaient toutes dictées par des oongrég'ations de Cardinaux, écrites parle Secrétaire Mgr. Di Pietro, et approuvées par Pie VII. Voilà jusqu'où s'étend le blâme d'un Theiner !

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