UN CARDINAL LBGAT À LATERE A PARIS
(car souvent la critique est facile, mais l'art difficile ! ) que si un autre que lui s'était trouvé comme acteur sur ce théâtre, peut-être n'aurait-il pas mieux fait.
Caprara fut nommé Légat a latere dans le consistoire secret, tenu par le Pape le 24 août 1801 ; et dans le consistoire public du 27, auquel assistaient avec le personnel de la légation française tous les Français qui se trouvaient à Rome, il reçut le signe de sa nouvelle dignité, c'est-à-dire la grande croix d'argent qui se porte devant les légats h leur passage dans les villes (1), Par l'acte de nomination, faite au consistoire secret, lui furent conférés les pouvoirs ordinaires de Légat a latere, qui sont trés-éten»
(1) Dans le Diario di Roma (appelé Cracas, du nom de l'imprimerie, qui se trouvait auprès du dernier palais du Corso à gauche, vis-à-vis le palais Rinuccini (à présent Bonaparte) on lit: « Lundi dernier (24 août) S. S... a nommé Legata latere en France l'Em. G. B. Caprara, et le jeudi suivant 27 aoiît... il donna au dit Gard. Caprara la croix papale; après l'avoir reçue, celui-ci a été admis au baisement du pied et de la main, et à l'accolade du S. Père, qui l'a béni ; ainsi finit le consistoire, auquel assistait M. Chachaul (sic),., avec beaucoup d'autres Français et des personnes de la noblesse tant étrangère que nationale,.. ( no 69, p. 2-3). »
Dans les Diarie Notizie varie qui raccolte per mia memoria, da célèbre card. Garampi, j'ai trouvé une très curieuse et précieuse notice, au sujet du célèbre éditeur de, Diari di Roma (journaux, éphémérides de Rome : (Vol. 52 (an. 1769). Chracas premier auleur des Gazettes de Rome était de Spinazzola ('patrie de Pietro Giennone), ville de la Pouille, aujourd'hui dépendant de la famille Pignatelli. Il fut secrétaire du card, Orsini, ensuite [mot effacé) Benoit XIV. Vers 17J6Ì1 commença à publier les Gazettes de la Guerre contre les Turcs; il eut contre lui le^ copistes des Gazettes M S ; mais fort de l'appui de Clément XI, qu'il connaissait personnellement, il commença en 1718 à insérer aussi dans sa Gazette, consacrée spécialement aux nouvelles du dehors, des annonces de cérémonies publiques de Rome. Sous Benoit XIII il put les donner avec plus d'ampleur, afin de servir pour ainsi dire de journal. Ce pontife lui accorda le privilège réservé de ces annonces. Ses successeurs le lui confirmèrent, tant à lui qu'à sa fille Catherine (m. en 1771. à l'âge de 80 ans), qui, après lui, continua à éditer ces Gazettes. N. S. (Clément XIV), en septembre 1769, lui a renouvelé le privilège, même pour les Relations spéciales
dus ; qu'il suffise de dire qu'un tel personnage est considéré comme un autre Pape (1).
Vue la situation misérable où Rome avait été réduite par les déprédations commises par les Jacobins français et romains, le poutifp Pie VII ne put lui accorder le splendide cortège qui accompagna, h leur départ de Rome, les cardinaux Campeggi, Polus, Médicis et autres dans les siècles passés (2). Le nouveau Légat partit donc de Rome le 5 septembre, avec une suite de dix personnes dans un petit nombre de voilures; y étaient compris Mgr- Sala, en qualité de secrétaire, Masio camérier, et Dussi théologien : les autres étaiens destinés au service et aux écritures.
Durant le voyage, conformément aux ordres donnés par le
(volanti) des cérémonies publiques de Rome. Ladite dame a fait comprendre aussi dans les susdits privilèges Alex Burlini, lequel, après sa mort, continuera à jouir de ce monopole privatif (Archi v. du Vatican).
Qui voudra de plus amples détails sur la carrière du fameux journal romain, les trouvera dans le dictionnaire de Moroni, XX, 13 et suiv.
(1) Les facultés générales, propres au Légat a latere pour sa mission en France, lui furent données et spécifiées en deux brefs du 4 Septembre et du 2't août ISOl : ils ne comprennent pas moins de 57 chapitres ! On peut les voir aux Docum-Co ncord . IV, 19 suiv.; aux pièces justifie, de Theiner, n. XXVIl, p. 76 ; dans le Concordat et recueil des bulles et brefs du Pape Pie VII... (Paris, 18G2). p. 12.
(2) « Le Consistoire terminé, le Cardinal qui est nommé Légat est accompagné pontificalement par le sacré-collège jusqu'à la porte de la ville : si le consistoire se fait à Saint-Pierre, jusqu'à la porte Angelica, s'il se tient à S. Marc [palais de) ou à Monte Cavallo [Quii inai), jusqu'à la porte Flaminia. Il y aca/^ cavalcade avec masses, valigie, et noblesse. .. ; le Gardina Légat chevauche le dernier au milieu des Cardinaux premiers diacres,:.; il ne peut se laisser voir publiquement dans Rome, ne doit ni faire ni recevoir de visites, mais se rendre au plus tôt dans sa légation... Quand les Cardinaux légats reviennent de leur légation, la même ca- Talcade se renouvelle, ils sont visités par le sacré-collège, et ils rendent la visite en habit... » Ainsi parle Lunadoro dans sa Relazione della Corte di Roma (ed, 1646), p, 219 et 8UÌY.
Au sujet des divers cardinaux, légats a latere, envoyés en divers temps, et du cortège solennel avec lequel ils voyageaint et étaient reçus par les peuples et les princes chrétiens, on trouvera de nombreux détails dans Moroni, vol, 38, p, 269 et suiv. ; cf. Notizie istoriche dalle chiese fiorentine, VI, 30:-!.