‹ La diplomatie pontificale au XIX siècleChapitre 39 sur 68 · UN CARDINAL LEGAT A LATERE A PARIS · texte numérisé non relu

UN CARDINAL LEGAT A LATERE A PARIS

Pieiiiier Consul, il reçut dans toutes les villes par où il passa, depuis la Cisalpine jusqu'à Paris, un accueil sympathique et bruyant : escorte et honneurs militaires, empressement des autorités, coups de canons, foules joyeuses et enthousiastes. Il arriva à Paris dans la soirée du 4 octobre, « une heure environ après la tombée de la nuit, comme il l'écrit lui-même, ayant fait en sorte de ne pas entrer à Paris en plein jour (1). »

Il y fut reçu prr Mgr. Spina et par le P. Caselli, et quelques heures après, fut salué et complimenté par le chev. Azara, minis-

(1) Lettres de Capraia à Gonsalvi, des 7, 9, 11, 13, 16. 17, 21, 29 septembre, 5 octobre : cette dernière est la première écrite de Paris. Archiv. Vatic, Nunziatura di Francia, vol. 588.

La Correspondance de Caprara et de Consalvi ne se trouva pas toute entière dans les volumes de la nonciature de France ; une grande partie, les minutes surtout de Consalvi, diverses copies des lettres du Légat, et beaucoup d'autres imprimées se trouvent dans la collection des volumes de l'Appendice Epoca Napoleonica de France et d'Italie. Elles ont été recueillies au moyen des écrits laissés par plusieurs cardinaux, surtout de ceux du card. Di Pietro, qui préparait les travaux pour les congrégations cardinalices. Le tout, quoique les parties en soient dispersées, forme un ensemble de documents précieux pour l'élude des relations de la France et de Rome durant les années 1800 à 1809. Marino Marini dans ses mémoires sur les archives pontificales que Paris devait restituer à Rome, en parle ainsi à l'occasion des archives Caprara : « Quelques lettres du card. Caprara, dont le ministre des cultes {Biffot de Préameneu) s'était emparé à la mort de ce cardinal, forent expédiées par moi à Rome avec les seize premières caisses (1815), Qu'elles fussent très importantes, cela se voit par le soin jaloux avec lequel l'archiviste les conservait {Regeslum démentis P. V. vol. Lp. CCXXXV'III, § XVI). » En vérité les lettres de Caprara, contenues dans les vol. 588-595 (années 1802-1808) n'ont pas l'importance dont parle Marini. La plus grande partie et la meilleure de ce dossier est à Paris aux archives des cultes. N'ayant pas eu la bonne fortune de pouvoir les examiner dans les archives nationales de cette cité, nous ne saurions dire si les lettres de Caprara qui y sont conservées sont les originaux, ou des copies, ou les minutes.

Quelques-unes ont déjà été publiées ou en entier ou en partie par Theiner dans l'ouvr. cité, et par d'Haussonville dans les cinq volumes de son œuvre classique, l'Eglise romaine et le premier empire, Boulay de la Meurthe rapporte en entier celles qui vont jusqu'en avril et mai 180 2, volumes IV et V des Docum, Concord, A défaut des archives Vatic, nous citerons la collection faite par cet auteur.

tre d'Espagne, Marescalchi ministre de la Cisalphine, le comte Meizi appelé récemment d'Espagne par Bonaparte, le prince Giustiniani qui travaillait à réparer les ruines de sa fortune mise à pillage au temps de la glorieuse république, et l'abbé Dernier (1).

Le lendemain il fut reçu de la manière la plus gracieuse par le Premier Consul. Il lui parla « dans les ternies les plus respectueux, les plus flatteurs et les plus tendres de la personne sacrée de Sa Sainteté, et de ses justes désirs, et qu'il ferait tout son possible pour ne les point décevoir. Par rapport à ma personne, continue le Légat, il s'est exprimé on ne peut plus favorablement, et a eu pour moi les attentions les plus délicates. » Les compliments terminés, nous sommes entrés en matière. En vue de la pacification à atteindre, Bonaparte lui manifesta « l'idée ([u'il avait de prendre parmi les constitutionnels un tiers

(1) Parmi les nobles romains qui (à leur déshonneur !) s'empressèrent autour des Français qui vinrent envahir Rome et piller ses palais et ses églises, et mendiaient à Paris la protection de Bonaparte et ses recommandations auprès de Pie YII, se trouvait la fameuse princesse de Santacroce. Après avoir perdu l'appui du Gard, de Bernis (mort en 179»), elle continua à suivre les conseils et la compagnie du chev. Azara qui lui apprit à aimer les jacobins et leurs arbres de liberté. Quand les napolitains entrèrent à Rome (1799), elle et Azara s'enfuirent à Florence, salués de pasquinades à leur départ (v. Sala, Diario, H, 213. 240). En 1801 se trouvant à Paris avec Azara, tous deux déjà âgés et celui-ci touchant au terme de sa carrière, elle se vit allégée de quelques pierreries qui lui restaient, pendant qu'elle assistait à la grande fête du 14 juillet [Moniteur Universel, n. 366, p. 1265). Elle se recommanda à Gonsalvi et à Gaprari, au Premier Gonsul et au Ministre Gacault afin de revenir à Rome et y trouver bon accueil. Des lettres adressées à Gonsalvi nous disent la paternelle indulgence dont cette dame fut l'objet, ainsi que d'autres traîtres de leur patrie et de leur souverain. Pie YII avait délivré de la prison du Ghâteau-Siint-Ange un de ses fils qui avait servi dans l'armée française et avait été pris en janvier 1800 par le Général Naselli. Il accueillit ensuite cette célèbre princesse et sa famille et lui fit tout le bien qu'il lui fut possible : Ainsi ont toujours fait les pontifes souverains de Rome ! Nous aurons encore, dans le cours de cet ouvrage, à donner quelques autres détails sur elle et sur d'autres représentants de l'aristocratie romaine.

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