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PRÉSENTATION ET SERMENT DU CARDINAL LEGAT

pas à conséquence ; que c'est le style usité en pareil cas pour les légations, comme on le voit par les livres et les auteurs qui rapportent l'histoire des Légats a latere (1). »

On voit par là, qu'autant le nouveau gouvernement de la France catholique était respectueux à l'égard du représentant du Saint- Siège, autant il se piquait de scrupules et de respect pour la vérité.

Relation de la visite publique et de la présentation de VEminentissime Légat au Premier Consul (Avril 1802).

La visite publique du Cardinal Légat au Premier Consul ayant été fixée au 9 avril, ce jour-là, vers une heure de l'après-midi, fut envoyé au Palais du Légat un nombreux détachement de cavaliers de la garde consulaire, des gendarmes pour servir d'escorte et de garde d'honneur à Son Eminence.

De la part des trois Consuls arrivèrent sept carrosses à deux chevaux, dans l'un desquels était le Préfet du Palais chargé de prendre Son Eminence avec deux autres oE&ciers.

Son Eminence monta dans le carrosse le plus distingué appartenant au Premier Consul, ainsi que le Préfet du Palais qui prit place à la gauche du Légat, les deux autres sièges de vis-à-vis restant vides. Derrière ce carrosse étaient deux serviteurs du Premier Consul, et deux du Cardinal à droite des premiers.

Dans le second carrosse, appartenant au second Consul Cambacérès, s'assit Monseigneur Kersellin auditeur, qui voulut se joindre au cortège de Son E. et les Monsignori Sala et Mazio, et le Sr Comte Walsh, Chanoine de Saint Pierre de Rome, faisant l'office de Maître de Chambre , tous en vêtements longs selon leur rang et leur dignité respective. Dans les autres carrosses prirent place d'autres Ecclésiastiques au nombre de cinq, également en habits longs, et enfin les aides de chambre de S. E. se trouvant, les uns dans les carrosses des Consuls, les autres dans ceux de S. E. au nombre de trois.

(1) Lettre du l8 avril déjà citée.

RiNiBRi. — La Diplomatie Pontificale au XIX siècle. — Tom» 1 33

514 CHAPITRE V1NGT-DEUX!ÊME

Voici l'ordre qui fut observé. En tête marchaient les trompettes de la Cavalerie ; puis venait un carrosse des consuls, ayant à l'intérieur le Porte- Croix de S. E, en soutane violette et manteau noir avec la Croix pliée, et un autre Ecclésiastique de la suite de S. E. accompagnés d'un maître de cérémonies du Consulat. Aussitôt après venait un détachement de Cavalerie, et à côté, le carrosse du Premier Consul où était le Légat, entouré d'autres Cavaliers qui enveloppaient également de toutes parts toute la file des carrosses.

Les carrosses des Consuls se suivaient l'un l'autre sans laisser d'intervalles, ayant chacun les serviteurs des Consuls et ceux du Légat. Les cochers et les gens du cardinal portaient tous les livrées de gala.

On sartit de l'Hôtel Montmorin (1), les trompettes marchant les premiers; on passa par le Boulevard des Invalides, par la place du Corps Législatif, appelée autrefois place de Condé,on déboucha dans la rue de Varennes ; on traversa le pont de la Concorde, ou de Louis XVI, et prenant par le Quai contigu au jardin des Tuileries, par la place du C;irrousel, on entra dans la grande enceinte du Palais où réside le Premier Consul.

Le Porte-Croix, arrivé avant S. E., se tenait avec la Croix (voilée, selon le rite, de satin violet garni d'or) arborée sur le seuil de la porte du Palais, où S. E. descendit de carrosse, et le précéda dans l'escalier, suivi de S. E. en soutane, rochet, mozelte, et croix pectorale découverte, ayant à sa gauche, un peu en arrière, le Préfet du Palais.

A la première plate-forme de l'escalier (le palier) le Maître de cérémonies qui guidait le porte-Croix le fit arrêter à la porte de la Salle du Conseil d'Etat. S. E. monta l'autre étage de l'escalier qui mène à l'appartement du Premier Consul..

Tandis que montait le Cardinal, le tambour ne cessa de battre aux champs dans les escaliers' et dans les Salles toutes garnies des Grenadiers de la garde consulaire.

Soit dans l'escalier, soit par les Salles, S. E. vit successivement venir à sa rencontre divers officiers et Ministres de divers rangs et emplois.

Parvenu à la pièce qui précède la salle de réception, on ferma la porte, et S. E, s'arrêta au milieu de cette antichambre quelques instants. Un Ministre entra alors pour le recevoir et l'introduire En ce moment le Caudataire se retira, et S. E. faisant son entrée dans la salle d'audience fit au Consul les trois révérences.

Le Premier Consul qui se trouvait au milieu de ses deux collègues, entouré

(1) Résidence du Cardinal —

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