‹ La diplomatie pontificale au XIX siècleChapitre 59 sur 68 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Quelle différence dans l'état des deux républiques ! Différence dans le gouvernement, dans l'union des citoyens, différence dans les hommes, dans la gloire, dans la paix, dans la richesse, dans les relations, dans la sécurité de la tiation.

La République française de 1802, à l'occident et à l'orient, touchait aux Pyrénées et aux Alpes Grées ; l'Adriatique la baignait au midi \ au nord ses limites étaient la ligne sinueuse du Rhin.

L'Angleterre, après huit ans d'une lutte acharnée, qui avait grevé de dix millards de livres sa dette publique, venait de capituler au traité d'Amiens (25 mars) ; elle cédait les colonies et reconnaissait à la France la possession de tous les pays qu'elle occupait sur le continent. La Russie traitait avec la France consulaire d'égale à égale (14 octobre 1801) ; elle envoyait (1802) des ambassadeurs avec mission de gagner les bonnes grâces du Premier Consul.

L'Autriche et la Prusse pansaient les blessures encore saignaptes reçues h Valmy, à Marengo, à Hohenlinden, et tournaient vers la Seine des regards peu bienveillants, empreints de haine et dé peur. L'Italie, à l'exception de Rome et de Naples, était tout entière conquête française ; trente mille soldats de

aurait des conséquences bien plus terribles que durant la première Révolution. D'un côté les croyants, tout ce qui est chrétien..., de l'autre les athées, les incréduces, les sectaires : on verra qui l'emportera ! Ce ne sera plus seulement l'insurrection de VOuest mais de toute la France honnête. La révolte des consciences dès maintenant la rendra moins nécessaire. On commence à comprendre que l'obéissance militaire et civile a ses bornes ! s'il y a encore des brutes chez qui, écriv'ait un diplomate, « l'argent opère mieux que le droit et la raison », espère-t-on trouver dans l'armée française beaucoup d'Officiers capables d'écrire comme Westermann, le 24 décembre 1793, au comité du Salut public : c II n'y a plus de Vendée, citoyens républicains. Suivant les ordres que vous m'avez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux et massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher ! ».

Autres temps, autres mœurs ! Soldat ne veut pas dire boucher /

{Note du trad.)

la république française occupaient la Suisse ; l'Espagne et le Portugal avaient toute l'apparence de fruits mûrs pour un prochain régal. Aux ambassadeurs de toutes les puissances à Paris, le chef de la République française apparaissait et parlait en Jupiter tonnant.

A l'intérieur, le principal soin du premier Consul était d'établir l'unité et la cohésion dans le corps des divers membres de l'Etat, que tenaient désunis et frémissants le fer et le feu des discordes passées, l'envie, la haine, la tyrannie et le sang versé. La main et la tête du Premier Consul s'appliquaient avec un suprême soin, un art délicat, avec dextérité et force, à ramener l'union à l'intérieur, la paix dans l'Etat, la concorde entre les citoyens, en vue de l'affermissement et du progrès de la prospérité publique. Un terme fut mis aux dilapidations, aux concussions, au favoritisme des partis / en peu de temps, le bon ordre, la justice coulèrent dans tous les rouages de la grande machine administrative, comme un sang fortifiant à travers toutes les veines d'un corps convalescent et guéri.

A cette œuvre capitale d'union h l'intérieur, de concorde entre les citoyens, il appliqua le moyen le plus efficace, le plus résistant des ciments, la religion dans la nation. Il supprima les sectes des théophilanthropes, des idéologues, et, pour le moment, des franc-maçons ; il accorda pleine liberté^ et même des faveurs aux protestants, aux juifs, toujours dans un but de tranquillité publique, pour la paix des relations sociales entre les citoyens d'une même patrie, sujets à des lois communes, enserrés entre les mêmes murailles, et entourés des mêmes fossés, cui un muro e una fossa serra.

Ah ! ce fut alors que les ennemis de la République perdirent l'espérance. Quand les grands ennemis de la France, les Anglais, quand les Bourbons survivants, adversaires à juste titre de la République, virent la religion rétablie d'une manière solennelle et stable, les premiers en poussèrent des cris d'aigles blessés, les

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