Lettre d'Alberoni à Rocca, 28 décembre 1716, p
2. Idem, ibid. Ce fut en septembre qu'Alberoni annonça aux négociants le départ de la flotte en 1717. — Torcy, Négociations, I, 704. — Saint-Simon, XIII, p. 162. — Des lumières importantes sur l'esprit de ses réformes commerciales nous sont données par Torcy encore, I, f° 960 à 962 (Saint-Simon, XIII, p. 238 .
président du Conseil des finances, trouvât dès le mois de juin 1716 les fonds nécessaires au travail de Patino. Des magasins pour la construction et le grément des flottes s'organisaient au Ferrol et à Cadix. Et bientôt il n'allait plus être nécessaire de se procurer les bois de construction en Norvège, les agrès en Hollande : on en ferait au Ferrol. Tout ce qu'il fallait se trouverait en Espagne plus vite et à meilleur compte, si bien qu'au mois d'avril, les négociants d'Espagne et d'Europe purent escompter sûrement l'envoi d'une grande flotte de dix vaisseaux aux Indes Occidentales. Alberoni en attendait pour les finances royales, après ce gros effort, un profit de 70 pour 100 '.
Ce fut un événement encore, lorsqu'au mois de mai 1717, le ministère annonça aux gens et négociants de Séville que leur privilège sur le commerce des Indes avait pris fin. N'était-il pas naturel et utile que la Chambre de commerce des Indes (Casa de contractacion de Indias) fût portée à Cadix à qui devait, avec l'effort centralisé dans son port, appartenir la direction de ces grandes expéditions maritimes. Séville se fâcha, mais l'approbation des négociants fut si nette que les colères de la cité dépouillée demeurèrent sans effet2.
De toutes ces mesures, aucune n'était en elle-même, on l'a noté, une réforme radicale. Le souci d'Alberoni fut visiblement et seulement l'emploi de son autorité absolue au rétablissement de l'ordre. Voici par exemple ce qu'à propos des galions il écrivait à Parme : « Les Hottes et les galions partiront régulièrement, et en conséquence, le Roi s'est fait une loi inviolable de ne plus laisser aller aux Indes le moindre vaisseau particulier. Plus d'autre navire qu'un navire royal pour annoncer aux Indes l'arrivée de la flotte, ou pour porter aux Philippines ce qu'on y doit envoyer de Cadix désormais. Suppression des vaisseaux particuliers entre la Chine et le Mexique3. »
« Dans trois ans au plus, conclut-il, les négociants enrichis par
1. Lettres d'Alberoni ;'i Rocca, 17 janvier 1717, p. .">I7, 15 février 1717. p. 521. — r. avril 1717, « l.i flotte partira contre vents el marées»;
2. Desdevises du Dézert, Y Espagne, Lu Ridiesse, p, 1 16; Rodriguez Villa, Patino, p 68 el L85.