Lettre d1 Uberoni à Rocca, 12 juillet 1717. p. :.i
L'ŒUVRE D'ALBEUONI EN ESPALNE l'Ji
un trafic bien ordonné ne verront point avec envie les profits que le roi Philippe V recueillera grâce à cette centralisation économique. »
Alberoni se doutait bien cependant qu'un pareil régime avait sa rançon. Dès le mois de novembre 1716 il expédiait spécialement deux vaisseaux à la Havane pour y atteindre la contrebande anglaise supérieurement organisée dans les Antilles. On lui faisait savoir du Pérou en 1718 qu'il ne fallait pas y continuer l'envoi régulier des galions : tant ce pays était inondé de marchandises venues par contrebande ! ! Et pourtant répétait-il à Parme dès le mois d'avril 1716 : « Rien à faire si l'on ne tente pas le coup décisif aux Indes pour être en mesure de compter sur l'abondante richesse de ce grand monde. »
Il n'y a point de doute que le désir de diminuer cette contrebande avait, dès le mois de septembre et d'octobre 1715, déterminé Alberoni à un rapprochement économique avec les Etats commerçants, avec la Hollande d'abord. Ce fut Riperda, envoyé de Hollande à Madrid qui lui conseilla une entente avec l'Angleterre aussi. Le 9 décembre 1715, Bubb, envoyé anglais à Madrid, informait lord Stanhope de la signature d'un traité de commerce qui annulait les restrictions apportées depuis 1713 au négoce anglais en Espagne, égalisait avec douceur les droits de douane sur mer et sur terre, encourageait enfin les marchands de Londres2. L'année suivante s'ouvrit par une autre négociation du même genre entre les ministres anglais et Alberoni dont la Reine approuvait encore les démarches. Il s'agissait de régulariser par un traité le privilège que l'Espagne avait promis à Utreclit de transférer à l'Angleterre, d'importer en Amérique la main-d'œuvre nègre. Le traité ou assiento n'était pas plutôt signé qu'on vit