‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 12 sur 189 · Lettre d'Alberoni à Rocca, 5 septembre 1703, p · texte numérisé non relu

Lettre d'Alberoni à Rocca, 5 septembre 1703, p

2. Lettre dAlberoni à Rocca, de Rivoli, mai et juin 1706, p. 21 et 23.

de Parme réglait et faisait les frais de son équipage, coûteux pour son trésor quand les fourrages étaient chers. Le grand écuyer, le duc de Vigoleno, lui envoyait les chevaux, et le palefrenier dont Alberoni était obligé de souffrir les violences et les brutalités1. Le secrétaire des finances, le comte Rocca, ordonnançait ses dépenses, recevait ses demandes de subsides, et prenait soin en son absence de la maison de Plaisance qu'on lui avait donnée pour remplir son emploi. Le chancelier, comte Mischi, lui disait les désirs officiels des Farnèse et enregistrait ses réponses -. Entre l'abbé, les Farnèse et leurs ministres tout se passait régulièrement, comme entre un envoyé de Louis XIV et sa cour, ou plutôt irrégulièrement. Il n'était pas d'usage alors, dans la diplomatie môme des plus grandes puissances, de fournir aux agents des traitements fixes. Le véritable salaire, ils le trouvaient dans l'estime du maître ; l'objet du diplomate était de se distinguer au service des plus grands intérêts de l'Etat.

Ainsi, pour Alberoni, le fondement comme le début de sa fortune, en 1706, resta son zèle pour le prince lombard qui l'avait, après Roncovieri, associé à sa politique. « Dieu nous le conserve pour longtemps », disait-il dans son indignation contre les médecins qui abusaient des purges contre le duc. Sa robuste santé de plébéien endurci à toutes les fatigues s'étonnait de ces médecines que les docteurs d'alors administraient aux princes comme les confesseurs faisaient des sacrements. « Je voudrais bien qu'il me coûtât de mon sang que notre adorable maître fût à ma place pour une campagne. Je crois que la conversation et les fatigues des marches lui feraient plus de bien que toutes les drogues qu» vont lui donner ces avant-coureurs de la mort ; votre lettre m'a mis dans une grande inquiétude ; l'haute réputation et le grand crédit qu'il s'est acquis dans le monde peuvent rendre bien heureux ses bonnes gens3. »

Alberoni conformait ses actes à ses paroles. S'il s'attachait

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