‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 124 sur 189 · Saint-Simon, XVII, p. 428, l'M · texte numérisé non relu

Saint-Simon, XVII, p. 428, l'M

l Ibid., \\ III, |». 190.

.">. Saint-Simon, XVIII, p. 62; de Vayrac, État de l'Espagne, l\, p. 54.

du duc de Villena, majordome du roi d'Espagne, protecteur de l'Académie espagnole, le représentant peut-être le plus autorisé de la vieille noblesse espagnole, outré de la fortune d'Alberoni1; le comte de Penaranda, premier gentilhomme de la Chambre, Grand d'Espagne, les ducs d'Arcos el de Banos, deux frères, riches, éclairés, d'une grande famille, aimant la France et les Français, mais dédaignant la cour comme le duc de l'Infantado, se suffisaient en leurs richesses et leur luxe2 : on pouvait pourtant les enrôler. Le duc de Montillano n'avait pas non plus d'ambition, mais sa femme et sa mère, princesses d'Isenghein, à moitié Françaises, avaient un instant tenu les plus hauts emplois à la cour, les avaient perdus à l'arrivée d'Elisabeth Farnèse et voulaient les reprendre 3.

Tous avaient vu avec regret l'invasion des Italiens à la cour, à la suite de la nouvelle Reine. Ils s'en étaient retirés volontairement ou de force, atteints dans leurs honneurs, leur fortune et leur amour-propre national : la vengeance, l'ambition, la colère, pouvaient les y ramener aux dépens d'Alberoni. C'étaient des complices ou des confidents utiles à employer, quoiqu'il y eût à mesurer avec chacun d'eux, et sur l'avis de Tinajero, le degré des confidences à leur faire. A aucun il ne fallait livrer le plan général et les différents instruments du complot. Quand le moment serait venu d'attaquer Alberoni en plein, on les aurait sous la main pour les conduire à l'assaut de ses positions 4.

Jusque-là, le plus sûr était, par un siège en règle et des approches serrées, de priver l'abbé de tous ses moyens de défense, de reconnaître la place, de s'y faire des amis ou des espions. Le pouvoir d'Alberoni tenait « à ce qu'il enfermait le Roi par la Reine » ; il y avait pourtant un moyen de pénétrer malgré lui jusqu'à Philippe V.

On sait l'autorité que donnaient au confesseur les scrupules religieux du Roi. Il l'entretenait seul ; ce prince le faisait appelerà toute heure du jour et de la nuit : le confesseur était alors un

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