‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 131 sur 189 · Voir Qotre tome 1". Le Secret du Régent, livre Ier · texte numérisé non relu

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Lorsqu'au mois de juillet 1716 le duc d'Orléans, longtemps hésitant à se prononcer entre les Hanovre et les Sluart comme beaucoup de Français même après les traités d'Utrecht, avait décidé d'envoyer l'abbé Dubois son ancien précepteur au ministre de Georges Ier, Stanhope, et bientôt au roi hanovrien lui-même, il cédait à des conseils qui flattaient son ambition : il espérait se procurer le concours de l'Europe, à défaut du consentement de Philippe V. Cette espérance devait faire la fortune de l'abbé, aussi obscur qu'Alberoni, préoccupé en secret de percer par l'Angleterre, les whigs et le roi Georges Ier, de former une ligue européenne qui promît au duc d'Orléans le trône de France, qui enfin l'élevàt lui-même au premier rang dans la politique du Royaume. En apparence l'œuvre ébauchée à Hanovre en 1716 n'avait d'autre objet que de procurer à la France, par des concessions aux puissances maritimes, une paix dont elle avait assurément besoin. En réalité la négociation préparée à Hanovre sous forme de convention secrète, conclue à La Haye par une triple alliance était tout autre. L'auteur l'a définie lui-même : « Elle assure si fort les droits de S. A. R., écrivait Dubois le 2 octobre 1716, qu'il ne sera plus possible d'y donner atteinte. Cette alliance me paraît sans prix. Si j'étais le maître de la France, j'aimerais mieux donner trente millions que de la manquer. »

Ainsi s'était formé dans l'intimité du Palais-Royal un autre Secret du Régent, réglé toujours par ses prétentions au trône de France, servi par d'autres confidents que l'intrigue espagnole, une intrigue anglaise ou plutôt hanovrienne, destinée à se développer à l'abri de la diplomatie officielle.

Les intrigues de la diplomatie secrète ressemblent aux intrigues de théâtre. Elles se croisent dans la coulisse, et se contrarient par l'âpreté des confidents ou des comédiens à s'y disputer les premiers rôles.

Tandis que pendant l'été de 1716 l'abbé Dubois négocie l'alliance anglaise avec les ministres de l'Electeur, qu'il en vante les mérites à son maître, et l'exalte «comme l'unique fondement de sa politique », Saint-Aignan de Madrid la blâme énergiquement, exagère le mécontentement des Espagnols, les progrès du parti

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