‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 139 sur 189 · Sciint-Philippe, Mémoires, III, p. 23G · texte numérisé non relu

Sciint-Philippe, Mémoires, III, p. 23G

et de la Sicile au roi d'Espagne, déjà disposé à rétrocéder au duc de Savoie, la Sardaigne, sa conquête nouvelle, devait être la condition de ce plan, que la puissance et la bonne volonté de Philippe V offraient aux Italiens. Alors la Toscane avec la succession de Parme serait assurée aux fils d'Elisabeth, c'est-àdire aux Farnèse ; une partie du Mantouan enlevé aux Habsbourg reviendrait au duc de Guastalla, la ville de Mantoue aux Vénitiens, et le pays de Commachio au Saint-Siège. Le Milanais seulement, laissé en dehors des pays italiens, demeurerait à l'Empereur contre lequel les princes, délivrés de sa pesante tutelle, pourraient constituer une confédération italienne, sur le modèle de la ligue germanique et sous la haute protection de l'Espagne *.

Ce programme sans doute n'était pas tel qu'eût pu le souhaiter un patriote italien un siècle plus tard, la promesse d'une Italie affranchie par elle-même et totalement de l'étranger. Mais, même au xixe siècle, l'indépendance italienne s'est-elle faite d'un coup, et surtout sans le concours d'une force étrangère que les princes de Savoie aient dû appeler et récompenser? Le « farà da se » n'a pas réussi un siècle et demi plus tard à Charles-Albert. Et pour leur coup d'essai, les hommes d'Etat de Parme, moins logiques dans leur patriotisme, étaient moins chimériques aussi, quoique la tentative d'Alberoni ait paru une aventure.

Car il ne faut pas l'oublier, c'était entre deux serviteurs des Farnèse, et en secret, que s'ébauchaient au mois d'août 1717 ces confidences et ces projets. Et toujours, dans l'effort qu'ils allaient demander à l'Espagne et à l'Europe, ils dissimulaient, pour les mieux servir, les intérêts, les ambitions du duc de Parme. Dès qu'il avait vu les flottes espagnoles dans la Méditerranée, le prince Farnèse avait réclamé, sous le nom de guerre qu'il se donna, en bon Napolitain partisan intéressé de Philippe Y, une entreprise sur Naples : « Si vous voyiez comme moi, écrivait-il

1. Cette dépèche d'Alberoni à Beretti-Landi a été conservée par Torcy, Négociations; II, f° 689 (Saint-Simon, XIV, p. 170). C'est peut-être ce programme que Voltaire a connu quand il a rappelé les projets de ligue italienne conçus par Aiberoni, et lui en a fait un mérite.

le 25 juillet, le trouble et l'inquiétude de ce gouvernement exposé à la vengeance du roi d'Espagne qui a tant à se plaindre de la mauvaise foi allemande, vous ne trouveriez pas plus difficile l'entreprise de Naples que celle de Sardaigne. En fait, ministres et officiers de l'Empereur sentent déjà sur leurs épaules tomber le coup de fouet vengeur : l'un des principaux m'a fait confidence que le vice-roi en cas d'attaque n'a aucun moyen de défense, que toutes les populations sont prêtes à secouer le joug très lourd des Allemands, à se ranger sous les glorieux étendards de l'Espagne ; on a fait partir des ordres pressants qu'on s'efforce de tenir secrets pour renforcer les garnisons de Pescara, de Capua, de Reggio. A la nouvelle que des Espagnols pourraient être entrés dans le royaume sans passeport, on a donné pour perquisitionner des commissions aux gouverneurs de province dont le vice-roi se défie d'ailleurs et auxquels on a envo}Té des officiers allemands comme adjoints. La défense ne pourra compter que sur les troupes allemandes. Le général Wedel, chef de l'infanterie affirme ne pouvoir mettre en ligne que 2,000 hommes, en dégarnissant à peu près les forteresses. Le général de la cavalerie, Garaffa parle de 600 chevaux. Voilà l'état vrai des forces du royaume, d'après des sources sûres. Q Liant à l'esprit des populations, ce ne sont que murmures publics contre le gouvernement, reproches de la justice abolie dans les tribunaux, des affaires désorganisées. Pourquoi, après la conquête de la Sardaigne, ne profiterait-on pas du temps qui restera pour s'emparer dans la môme campagne du royaume de Naples? L'essentiel est de ne pas donner aux Allemands le temps d'organiser la défense, de ne pas leur laisser l'hiver. Soyez sur, concluaitil, que les princes d'Italie qui tous gémissent et frémissent sous le joug de la férocité allemande qui sans trêve les rudoie, prendront courage en voyant cette lueur d'espérance, à l'approche des armées valeureuses de l'Espagne, et s'uniront de bon cœur pour l'aider? J'espère (pic la claire intelligence de Votre Imminence verra là une occasion à ne point laisser passer, à n'en retrouver jamais une pareille. Dieu a voulu son élévation à la pourpre pour l'employer à la libération de ce malbeureux royaume, au salut de l'Italie opprimée. Vienne donc sans retard

l'armée d'Espagne, qu'elle vienne et qu'elle soit victorieuse ' ! » Ce ne fut pas la faute du duc de Parme, on le voit, si l'invasion de l'Italie ne suivit pas immédiatement l'occupation de la Sardaigne ; son impatience n'avait d'égale que son habileté à dissimuler ses provocations. Que n'aurait-on pas dit de la turbulence et de la témérité d'Alberoni s'il avait cédé tout de suite à l'impulsion des Farnèse? Il entretenait leurs espérances, il se préparait à servir leurs desseins, mais avec plus de mesure et moins de précipitation. Pour s'engager davantage et à fond en Italie, le consentement de l'Europe surprise et mécontente de son premier effort lui parut nécessaire. Il ne désespérait pas de l'obtenir, lorsque le 15 septembre il s'expliqua avec les cabinets de Londres et de Paris. Les Anglais sacrifieraient-ils aux ambitions de l'Empereur les avantages que l'Espagne avait faits à leur commerce? En France, le Roi, le Régent et leurs ministres ne se souviendraient-ils pas qu'un Bourbon, installé à Madrid au prix de grands efforts avait droit de compter sur leur assistance contre l'Autriche, l'ennemi héréditaire. Sans doute, l'Europe, Georges Ipr et le duc d'Orléans offraient à Philippe V la paix. Mais au nom de ses maîtres, Alberoni leur déclara que les conditions de cette paix ne pouvaient pas être la promesse seulement des successions de Parme et de Toscane aux fils d'Elisabeth Farnèse. Il demanda une satisfaction réelle, indispensable à Philippe V offensé, et surtout un meilleur équilibre des forces en Italie, l'abandon et la ruine enfin des projets ambitieux de l'Autriche dans la Méditerranée. A l'Europe de pourvoir, avec le roi d'Espagne qui lui en donnait l'exemple et le temps sans précipiter les effets de sa juste vengeance, aux intérêts de la cause commune. Et sur cette déclaration qui, malgré l'avis des Farnèse, laissait six mois de réflexion et de trêve à la diplomatie européenne, Alberoni retourna à ses préparatifs de combat, si le combat devait, au printemps, se poursuivre dans la Méditerranée 2.

1. Gennaro Felicioni, de Naples, au cardinal Alberoni, 25 juillet 1717 (Arch. Nap., Faniesiana, fasc. 59).

2. Lettres d'Alberoni à Cellamare et Acquaviva, conservées parTorcy, Négociations, II, f° 684 ; Saint-Simon, XIV, p. 168.

Une occasion, sur ces entrefaites, parut s'offrir d'entraîner la France au secours de l'Espagne. Et ce fut un Anglais qui la lit surgir, personnage singulier, toujours en quête d'intrigues et d'aventures, Peterborough, « le chevalier errant » comme l'appelle Voltaire. Ce whig passionné et turbulent, tout dévoué à la cause de l'archiduc Charles qu'il avait servi sans se lasser dans la guerre de Succession, ne lui pardonnait pas l'ingratitude et l'abandon dont il en avait été payé à la paix. Quoiqu'il eût reçu de Georges Ie' et de ses ministres des marques de faveur éclatantes, il ne respirait que vengeance contre l'Empereur : c'était son unique pensée, toute sa passion. « Il ne pouvait durer en place. » On le vit en décembre 1714 à Paris se rapprocher des Bourbons qui lui firent bon accueil, se lier avec les ministres du vieux Roi, Torcy, le duc d'Aumont désigné par Louis XIV pour lui faire honneur. On le revit au Palais-Boyal en 1716 négocier avec Stair une alliance de l'Angleterre et de la France contre l'Empereur et les Stuart. Le traité qu'il proposait n'eut plus d'objet quand les whigs renouvelèrent en juin 1716 leur alliance avec la cour de Vienne, quand l'alliance franco-anglaise passa avec Dubois en d'autres mains1.

Peterborough ne se tint pas pour battu : à la nouvelle du conflit qui venait de se rouvrir en 1717 entre les Habsbourg et les Bourbons, il crut tenir sa vengeance. 11 avait fréquenté à Londres l'envoyé de Parme, ami et protecteur d'Alberoni, .1 eau-Ange Gazzola que le duc de Parme venait de rappeler et de nommer gouverneur de Plaisance. 11 imagina de s'adresser à lui pour intéresser les Farnèse à un projet de ligue entre les Bourbons de France et d'Espagne réconciliés, unis aux princes italiens contre l'Empereur. Une correspondance secrète, ébauchée dans les premiers jours de juillet avec ce ministre sous le couvert d'un marchand de Plaisance, l'informa des bonnes dispositions de la cour de Parme. 11 vint à Paris, vil le Régent, les dues

1. Sur Peterborough, consulter'd'abord [Saint-Simon, Mémoires, XIV, 123. 132, 142, 143, 241. 264,^457. et les ouvrages publiée sur lui que j'ai cités dans ma Bibliographie du loin»' ["du Secret du Régent. Mais ces ouvrages n'onl pas mi~ en œuvre les documents curieux du fonds Parme aux Archives des A. ÉTR. el les documents secrets des Arch. de Naples, Famesiana, liasses .">.Y ">7 èl 64.

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d'Huxelles et d'Aumont partisans d'une réconciliation avec l'Espagne, hostiles aux Habsbourg et put avertir les Farnèse dès le 20 juillet qu'il avait trouvé la Régence disposée à une amitié sincère avec le roi d'Espagne, et prête à confier à la cour de Parme le soin de la négociation.

Tout à l'idée de sa vengeance qu'il croyait tenir cette fois, Peterborough partit pour l'Italie. Il s'arrêta d'abord à Turin, et acquit la conviction que le duc de Savoie, inquiet pour la Sicile, accepterait qui s'offrirait à le défendre contre l'Autriche : au début de septembre, il visitait le duc de Parme. Il n'eut pas de peine à « le convaincre que la sûreté de l'Espagne, la liberté des Italiens et sa propre conservation dépendaient de l'amitié à établir entre Philippe V et le Régent ». Ensemble, ils jetèrent les bases de cette réconciliation entre les Bourbons, séparés par la seule question de la Succession de France. Le 10 septembre, le duc de Parme adressait à Alberoni, à Madrid cette lettre curieuse conservée dans les archives Farnèse :

« J'ai reçu un confident du duc d'Orléans qui s'offre à faire recouvrer au roi d'Espagne ses Etats d'Italie usurpés par l'Empereur à condition que Sa Majesté consente à renouveler de la manière la plus ample sa précédente Renonciation, son engagement déjà pris de ne pas disputer à ce prince la Succession au trône de France. Je n'ai pas sans cloute d'avis à donner à Sa Majesté, mais je me crois cependant permis de lui soumettre très respectueusement mon sentiment. Je considère la susdite Renonciation formulée d'une manière assez solennelle pour qu'inscrite dans le traité d'Utrecht sous la garantie des principales puissances d'Europe, elle doive avoir toute sa valeur. Peu importe donc qu'on lasse ce plaisir au duc d'Orléans d'un nouvel engagement qui ne créerait aucune obligation nouvelle! La même opposition s'y pourrait faire qu'au premier, avec les forces nécessaires pour la soutenir. Et, en échange d'une concession sans importance sur un événement incertain qui peut arriver ou n'arriver que dans un délai fort éloigné, on obligerait le Régent à des engagements précis envers le roi d'Espagne. Ce serait tout profit : si le roi d'Espagne veut bien donner les mains à ces arrangements, il faudrait employer l'hiver à négocier et on se

trouverait prêt au printemps à soulager les princes d'Italie des charges lourdes et intolérables que les Allemands leur imposent en ce moment. A l'occasion je vous en donnerai plus de détails; j'implorerai de la grâce et de la clémence de leurs Majestés une assistance plus efficace en ce qui regarde mes intérêts, mon intégrité menacée. J'attends avec impatience la réponse de votre Eminence sur cette matière si importante *, »

Le plaidoyer de la cour de Parme ne manquait ni d'habileté, ni de chaleur. Peterborough, s'il vit cette lettre, dut être satisfait. Il le fut moins de ce qui lui arriva le 11 septembre à Bologne, lorsque le Pape le fit jeter en prison pour plaire à l'Empereur. Tandis que le duc de Parme s'employait à lui rendre sa liberté, Alberoni attendait avec impatience le résultat de ses efforts.

On s'explique que le cardinal eût suivi avec empressement ces ouvertures : c'était le triomphe de sa propre politique, que la formation d'une ligue italienne, sous la direction des Bourbons et des Farnèse contre les Allemands. Le roi de Sicile allait se joindre au duc de Parme : menacé d'être dépouillé ou par l'Empereur ou par l'Espagne, toujours soupçonné par les deux partis, persuadé d'ailleurs, plus que qui que ce tut, que la défiance était une partie essentielle de la politique, il redoutait au même degré la négociation de Londres et les flottes espagnoles. Alberoni s'était servi d'un de ses amis, l'ambassadeur de Hollande Uiperda pour entrer alors en pourparlers avec l'abbé Del Maro, envoyé de Sicile à Madrid ; il le chargea de prévenir son maître que l'Espagne attaquerait sans doute le royaume de Naples au printemps et l'associerait volontiers à l'entreprise3. 11 s'était décidé à cette démarche sur les conseils du duc de Panne qui lui écrivait, le 30 novembre : « Sa V. E. chc io sompre ho stimato chc si debba guadagnare il dura di Savoia, la di cui unione sola puô bastare a porre in mano délia Spagna in pochi

1. Le duo de Parme ;'i Alberoni, lu septembre 1717 Arcu. Nap., Farnesiana, fasc. '■>'■) . J'ai déjà indiqué relie lettre ainsi que eelle. loule contemporaine, qui est conservée dans la liasse r>7 du même fonds adressée par le dur Farnèse à Peterborough, le in août [Le Secret du Régent, 1. p. 234 .

2. Carutti, Relazipne sulla Cortè di Spagna, Mémoires de l'Académie de Turin, 1861, p. 151.

LA GUERRE A L'EMPEREUR EN SARDAIGNE â7l

giorni tutto li stato di Milano1. » Le duc se réjouissait du traité qui se préparait, et engageait en outre Alberoni à lui assurer « qualche buona e considérable piazza del delto stalo » : une feuille de l'artichaut milanais.

Le roi de Sicile, convaincu, envoya au Régent un ambassadeur extraordinaire, le comte de Provana qui s'entendit aussitôt avec Cellamare à Paris2. Le Régent donnait les mains à ces négociations; il avait fait rendre la liberté à Peterborougb ; il remettait au duc de Parme, le 30 octobre 1717, le soin de négocier avec lui. au mieux de ses intérêts, cette ligue italienne, lui annonçait l'envoi d'une personne de confiance, munie de ses instructions, « par rapport aux dispositions dont vous n'ignorez pas sans doute les ouvertures, et qui n'ont pour objet que le bien public et la sécurité commune ». Il faisait à la même date partir Monti pour l'Espagne, annonçait à Alberoni qu'il laissait à dessein traîner la négociation d'Angleterre, sans l'abandonner tout à fait, « car elle pourrait encore à un moment donné servir leurs desseins communs3 ».

C'était on le voit, un changement de front complet : « Tout est à votre disposition en Italie, écrivait l'Anglais le 14 octobre, je m'en rends responsable. Jamais il n'y a eu une situation si heureuse pour votre gloire, pour votre intérêt. Vous pouvez tout régler, tout faire sans paraître. Dieu, que donnerais-je pour une heure d'entretien avec Votre Altesse Royale. Et il concluait : « en Espagne tout va à souhait4 ».

On conçoit donc pourquoi, dès le 22 septembre en effet, et tandis que Peterborougb se morfondait dans sa prison, Alberoni avait accueilli le moyen que lui offrait la cour de Parme de se rapprocher du duc d'Orléans pour soutenir ses entreprises contre les Habsbourg. « La démarche du duc d'Orléans, écrivait-il, n'est pas moins inattendue qu'audacieuse, mais il peut être très utile

1. Lettre du duc de Parme à Alberoni, 30 novembre 1717 (Arch. Nap., Farnesiana, 59).

2. Cellamare, Mémoires Inédits, British Muséum, IIe partie, f° 172, et une dépêche de Cellamare à Alberoni que Ton retrouve dans Torcy, Négociations, III, 423; Saint-Simon, XV, f° 446.

3. Lettres du duc d'Orléans au duc de Parme, 30 octobre 1717; à Alberoni, 26 octobre (A. ÉTR., Esp., t. 263, f" 48 et 58).

4. Lettre du duc de Parme au duc d'Orléans (A. ÉTR., Parme, t. 6, f» 60).

pour leurs Majestés d'en faire usage dans une occasion favorable. Vous pouvez donc lui faire savoir qu'en plaçant sa confiance dans ma personne, elle sera servie au gré de son désir. Le marquis Monti viendra me voir et sera ici à la fin d'octobre. C'est un cavalier prudent, de grande habileté et sur qui je peux faire entièrement fonds. Si le duc veut m'envoyer quelque projet à présenter à leurs Majestés, je me concerterai avec le marquis qui instruira le duc minutieusement de toutes les mesures à prendre pour conduire l'affaire. Et comme le Régent a déjà fait une telle proposition, que Votre Altesse lui recommande bien la nécessité du plus grand secret : une fois assurés de l'Italie par l'Espagne, les intérêts du Régent seront assurés, ainsi qu'une union parfaite d'intérêts et de convenances entre les deux couronnes. Et maintenant puisse le Régent dire vrai! » — « Je vous assure que Sa Majesté sera en état de donner à penser aux Allemands, et plus d'une puissance l'y aidera1 » (22 septembre).

Peterborough n'avait donc pas tort d'écrire à Paris « Le comte de Gazzola, ministre du duc de Parme est avec moi : il peut assurer que les pleins pouvoirs du roi d'Espagne sont venus de la manière la plus ample. Jamais traité n'a été commencé sur des bases plus solides. On me prie de demander si Votre Altesse Royale veut que l'envoyé du duc de Parme ta Paris soit chargé de la négociation, ou s'il veut adresser à Madrid une personne de confiance avec des lettres intimes comme vous avez résolu2 ».

Quand cet avis lui vint de Parme, le duc d'Orléans avait déjà été informé des bonnes dispositions d'Alberoni par Alberoni luimême. Il l'eût été plus tôt, sans l'état de fatigue et de maladie où les exigences d'une charge trop lourde avaient réduit le premier ministre impotent jusqu'à la fin de septembre. « Le trésorier général, écrivait-il à son ami Rocca, qui a été esclave, dit qu'il aimerait mieux retourner esclave à Mequinez que de mener la vie (|ue je mène3. » Le 4 octobre 1717 seulement il écrivait une lettre au Régent : « j'ai ressenti une véritable joie à l'avis donné par

1. Lettre d'Alberoni au duc de Parme, 22 septembre (Arch. Nah., Farnesiana^

f.isr. .V.) .

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