L'EXPEDITION DE SICILE HT LA DÉFAITE DE L'ESPAGNE
Ce fut avec satisfaction que les Farnèse reçurent à Parme, vers la fin de juin 1718, l'avis du nouvel effort qu'à leur service et pour obéir aux souverains d'Espagne, Alberoni allait tenter dans la Méditerranée avec les flottes espagnoles. Le cardinal s'y était préparé en négociant jusqu'à la fin.
Aux premiers jours d'avril, il avait déjà donné l'ordre aux officiers de rejoindre leurs corps à Barcelone où se prenaient les mesures nécessaires à l'embarquement d'un corps expéditionnaire. Le marquis de Lède, de nouveau appelé à le commander. Don José Patino, infatigable ouvrier de l'entreprise, avaient alors été mandés à Madrid pour recevoir les instructions royales et se tenir prêts à tout événement *.
Dès que, le 9 mai, le cardinal vit le Roi et la Reine repousser les conditions de l'Europe, il communiqua au duc de Parme les suites nécessaires de leurs résolutions, « trois cents voiles qui se verraient dans la Méditerranée, 33,000 hommes de troupe, cent pièces de vingt-quatre et vingt-quatre canons de campagne, vingt mille quintaux de poudre, cent mille balles, soixante-six mille instruments à remuer la terre, des bombes, des grenades et tout ce que comportait une pareille expédition largement fournie de 33,000 combattants sans compter 6,000 chevaux; un convoi d'un million et demi de pièces de huit, auquel s'ajouterait pour
1. Torcy, Négociations, III, f"8 587, 625, 651 : Saint-Simon, Mémoires, XV, 131.— Lascaris, Relation sur la cour U'Espagne. 149, 170 (Mémoires de l'Académie île Turin, 1861, p. 110).