‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 151 sur 189 · Saint-Philippe, Mémoires, III. p · texte numérisé non relu

Saint-Philippe, Mémoires, III. p

:;. Lettres d'Alberoni au «lue «le Parme, 30 mai, 13 juin I7is: de Balsain : « La persona del Re mi da più fastidio che tutti i suoi interessi » Vrch. Nap., Farnesiana, 59 .

I. Lettre d'Alberoni à Roçca, 6 juin 1718 ; de Balsain, p. 584.

:». Lettre d'Alberoni au duc de Parme, 22 juin [Arch. Nap., Famesian,a, 59),.

empêcher le duc de Savoie de nous jouer un tour. Votif Altesse dira que me voilà un ennemi de plus : il n'en es! pas moins vrai

que voilà aussi une conquête facile à conserver et le moyen de gagner le temps nécessaire à semer les discordes en France et en Angleterre où j espère trouver des bonnes dispositions pour des intrigues que ces deux nations préparent actuellement contre; le duc Régent et le roi Georges. (Jue Votre Altesse demeure donc en repos et se persuade que, moi demeurant ici, elle ne sera jamais lésée de la moindre chose, qu'en temps et lieu seront soutenues ses prétentions au duché de Castro, et que jamais elle n'aura à accepter les Successions futures avec d'autres conditions que la garantie anticipée de grands Etats, pour procéder avec le temps à l'expulsion totale des Allemands, condition nécessaire du repos et de la sûreté de l'Italie1. »

Ce programme n'était pas exactement celui des Farnèse qui avaient souhaité la guerre immédiate et à fond, et dans la péninsule même. Leur réponse du 8 juillet marqua leurs regrets et leur déception, leur volonté tenace aussi, leur impatience de la conquête de Naples par les Espagnols. La différence entre le programme d'Alberoni et leurs exigences fait une fois de plus comprendre leur influence sur les démarches du cardinal, leur sujet, leur envoyé, obligé en somme à ces entreprises par leur politique, ou à des excuses, quand il s'efforce de limiter dans le temps, dans l'espace les risques de l'aventure. « La conquête de Naples, écrivait-il à son ami Rocca, ministre des Farnèse, interprète de leurs regrets, ne se pouvait essayer sans l'occupation préalable de la Sicile. Tempo è patienza, et tout ira bien-. » Pour la cour de Parme, c'était la guerre qu'elle réclamait depuis six mois, le conflit toujours ouvert entre les Habsbourg et les Bourbons. Elle tenait l'essentiel.

A Vienne la satisfaction ne fut pas moindre, quand la nouvelle arriva, transmise par le baron Pentenridter, de l'envoi d'une flotte anglaise dans la Méditerranée.

Depuis six mois, comme celle d'Espagne, cette flotte se

1. Même lettre que celle de la page 306, note 5. Cette lettre a été interceptée par Torey, Xér/ociations, III, foa 711, 712 (Saint-Simon, XV, 199 .

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