Ibid. du 27 juin 1706, p
espérances que son maître et la France fondaient sur sa valeur et sur son habileté. « Rien ne pourra, lui mandait le duc Farnèse, effacer les obligations que j'ai à votre Altesse. C'est l'expression bien sincère, bien cordiale de mes sentiments. — Le duc, répondit Vendôme avec autant de sincérité, était le meilleur ami que j'eusse en Italie ; il m'en donne une nouvelle preuve. Et je m'engage en retour à répondre à ses sentiments par des sentiments analogues l. »
Le jour môme de cette entrevue, Alberoni écrivait au duc de Parme un billet très pressant pour le prier de lui faire tenir la somme nécessaire au voyage lointain qu'il allait entreprendre à la suite de Vendôme- : par son ordre, il accompagnait le général en Flandre.
Ce brusque départ, loin du pays natal, et pour quatorze années, fut dans la vie de l'abbé un événement capital puisqu'il le poussa,, après beaucoup de traverses encore, des coulisses de la diplomatie sur la scène de l'histoire au premier rang. Pour tous ceux qui se sont habitués à voir en lui un familier, presque un valet de Vendôme, ce départ du domestique avec le maître s'explique de lui-même, à la façon de Saint-Simon. « Il se mit si bien avec lui qu'espérant plus de fortune dans une maison de bohèmes et de fantaisies qu'à la cour de son maître, il lit en sorte de se faire débaucher d'avec lui3.» Mais depuis quand a-t-on vu un agent diplomatique débauché de son service réclamer avec instances à son maître les frais de son voyage? C'est une légende qu'avec beaucoup d'autres on mettra ou laissera au compte de Saint-Simon.
Il a fallu une permission, un ordre de service délivré par la cour parmesane pour qu'Alberoni, aux frais de son maître, quittât l'Italie et s'en allât en Flandre. Que l'ordre lui ait plu, c'est certain. Que son amitié pour Vendôme et son ambition aient été satisfaites ; que Vendôme ait sollicité pour l'emmener, c'est probable. Le duc d'Orléans, désigné par Louis XIV pour commander