‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 17 sur 189 · Poggiali, Memovie, XII, p · texte numérisé non relu

Poggiali, Memovie, XII, p

2. Lettre d'Alberoni à Rocca, p. 31, et une lettre adressée par Malpeli gouverneur de Plaisance à Mischi, L2 juillet « Alberoni è fuori d'Italia ».

:;. Saint-Simon, éd. de Boislisle, XIII, p. 289 et suivantes.

après Vendôme l'armée d'Italie1, avait prié les Farnèse de lui laisser Alberoni ; prière difficile à concilier avec l'idée qu'on s'est faite d'un abbé inconnu, valet des Français, complaisant et conlident de bas étage. Le duc de Parme s'excusa, préférant continuer à son agent la mission qu'il venait de remplir auprès de Vendôme. Ce choix n'a pu lui être dicté par des raisons de convenance seulement. La cour de Parme avait des envoyés à Paris, en Hollande, à Rome, à Madrid, dans toutes les capitales de l'Europe ; « tout petit prince a des ambassadeurs ». Le trésor suffisait à peine à l'entretien de ce personnel, souvent en détresse. Pourquoi, sans un intérêt évident, le grever d'une pension nouvelle et joindre à la liste déjà très chargée des envoyés auprès des cours souveraines un emploi nouveau, pour plaire à Vendôme qui n'était ni souverain ni môme fils légitime de souverain ?

La mission d'Alberoni en Flandre fut un acte de la politique parmesane réfléchi, déterminé par le calcul des dangers que créait à l'Etat Farnèse le rappel brusque de Vendôme, sa Providence. Lui seul paraissait de taille à défendre l'Italie contre l'effort des Allemands.

Au moment de son départ, Louis XIV substitua au duc d'Orléans, désigné pour le remplacer, Marsin, le vaincu d'Hœchstett. « Echange fâcheux2 », disait Alberoni, qui pressentait une catastrophe. Un mois après, le prince Eugène avait tourné les. lignes françaises, traversait le Parmesan, y levait des contributions. Il parvint à marches forcées sur le territoire du Piémont, et, vainqueur de l'armée qui assiégeait Turin, rejeta les Français au delà des Alpes. Après l'Espagne, c'était l'Italie tout entière qui échappait à Philippe V.

Préservé jusque-là de la guerre par la diplomatie des Farnèse et d'Alberoni, le duché de Parme devenait la proie des Allemands qui s'y installaient en maîtres3. Le duc avait escompté la victoire du roi d'Espagne : ce roi avait perdu sa capitale et presque tous ses Etats. Il ne lui restait que les ressources de son grand-père,

1. Saint-Simon, éd. de Boislisle, XIII, p. 389, 392, 395 et les notes.

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