‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 161 sur 189 · Mahoft, Eistory of England, I · texte numérisé non relu

Mahoft, Eistory of England, I

Etrangères en Fiance. Par la diplomatie et par la force, le roi d'Angleterre, Electeur de Hanovre avait réussi à imposer à l'Europe la loi de son alliance avec l'Empereur : l'Espagne était vaincue, la France docile. « Sans la victoire, écrivait confidentiellement, le 31 août, lord Stair à Craggs, secrétaire de Stanhope, nous aurions été bien embarrassés1. »

Bien entendu, ni les ministres anglais, ni ceux du Régent leurs complices n'avouèrent jamais que cette victoire, remportée sans guerre déclarée, au moment où l'envoyé de Georges se laissait traiter à Madrid en ami, avait toutes les apparences d'un guet-apens. Tandis qu'entre eux, ils se félicitaient sans réserve et sans vergogne de la destruction de la marine espagnole et de la ruine de la vieille cour, ils rejetaient d'un commun accord sur l'Espagne et les factieux de France, la responsabilité de tous ces coups de main, ils se présentaient en anges de la paix aux Anglais, aux Français, aux Espagnols. « Les bonnes intentions de Votre Majesté, disait Dubois à Georges Ier, pour le repos public, méritent que le ciel favorise les soins qu'elle prend [tour le procurer. » C'était le cas de dire : aide-toi, le ciel t'aidera !

Et comme toujours, à cette heure décisive, la tactique des Alliés qui commençaient la guerre pour enlever la Sicile à son Roi et la donner à l'Empereur, consistait à représenter Alberoni comme le démon de la guerre, le mauvais génie de l'Europe. « La défaite de la flotte d'Espagne disait le Régent le 5 septembre, ou plutôt du cardinal Alberoni, qui, par des vues particulières et personnelles, a voulu rallumer la guerre en Europe, a dû ouvrir les yeux aux Espagnols les plus aveugles, les plus prévenus. Je n'ai pas besoin, auprès d'eux, d'autres justifications2. » A ce langage calculé on eût pu croire, et l'histoire l'a cru trop aisément, qu'il n'y avait plus de souverain en Espagne.

C'était pourtant Philippe V que les humiliai ions successives infligées par l'Angleterre et le duc d'Orléans à sa dignité, à sa marine atteignaient le plus directement. Le Roi el la reine

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