‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 163 sur 189 · Lettre d'Alberoni à Rocca, 1? septembre 1718, p. G · texte numérisé non relu

Lettre d'Alberoni à Rocca, 1? septembre 1718, p. G

joindre la coalition formée par la diplomatie lianovrienne, Alberoni mettait tout son espoir dans la contre-ligue constituée par les princes du Nord. « Le vent du Nord, disait-il dès le 7 septembre, pourrait bien faire tomber les actions de l'Angleterre et nous venger de leur entreprise, de leur liaison avec ceux qui ne nous aiment pas. » Ce n'était point sa faute en vérité si ces intrigues en France et avec des puissances lointaines, considérées comme un appoint utile avant la ruine des forces espagnoles, se présentaient depuis comme les ressources suprêmes, en attendant le printemps où le Roi, maître encore de la Sicile, pourrait avec l'or des galions récemment arrivé, faire sortir de son royaume une nouvelle flotte dans la Méditerranée !.

Malgré son courage, Alberoni ne pouvait pas se relever du coup que l'Angleterre lui avait porté avec l'attaque de Byng. Le duc d'Orléans avait raison de dire que l'affaire du cap Passaro « fut sa défaite ». Sa politique italienne fut condamnée du jour où la flotte espagnole, l'instrument essentiel de cette politique eut disparu. Tout ses efforts pour la ranimer, en dépit de cet arrêt, ressemblèrent aux derniers bonds d'un ballon qui s'abat en se dégonflant2. « Le roi d'Espagne a jusqu'ici travaillé contre ses propres intérêts en dépensant plus de cinq millions de pièces de huit pour la conquête de la péninsule, inutile et ruineuse pour l'Espagne. Sa générosité après tout n'était qu'un moyen, le seul moyen efficace, d'affranchir l'Italie de la servitude des Barbares. Chacun, dans cette province aurait dû y concourir : c'est le contraire qui est arrivé. » Après l'échec de ses projets, Alberoni n'a du moins pas laissé à l'histoire l'embarras de la conclusion. L'instrument qu'avait dû être l'Espagne au service de ses intentions patriotiques et des ambitions Farnèse était brisé : le cardinal n'avait plus qu'une consolation, redire une dernière fois à ses compatriotes d'Italie, « homines ad servitutem paratos », ses espérances, ses projets condamnés par leur indifférence et leur lâcheté. Le Pape, docile avec la famille des Albani, aux ordres de Vienne, fulminait contre Philippe V comme s'il se fût agi d'un nouvel Attila. Gènes,

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