Le même au même, 26 septembre 1718, p
aaO L'EXPEDITION DE SICIEE
envahie par l'esprit germanique, interdisait sur son territoire les recrues des Espagnols. Le Grand-Duc faisait de même, Venise pire encore. Enfin le duc de Savoie, après avoir longtemps marchandé son adhésion à une coalition qui lui prenait la Sicile, impuissant et craintif la donnait, le *-?! octobre 1718, à Charles VI. Depuis la victoire de l'Angleterre, l'Empereur allemand, de Milan à Messine, disposait en maître de l'Italie.
Au début d'octobre 1718, Alberoni dut commencer donc à n'avoir plus guère d'illusions sur une lutte qu'il ne soutenait qu'avec l'espoir d'une diversion dans le Nord et pour satisfaire les justes ressentiments de Philippe V. La paix de Passarowitz, concordant avec le désastre de Passaro, livrait aux Habsbourg les presqu'îles méditerranéennes, les Balkans avec l'Italie. Les Anglais, leurs alliés, occupaient la mer.
Ce fut alors qu'on apprit à Madrid et à Paris la nouvelle d'une brusque évolution dans la politique de Pierre le Grand. A peine venait-il d'envoyer à Madrid le fils du prince Kourakin pour négocier avec Alberoni, qu'il se ravisa et renoua les relations avec les cours de Vienne et de Hanovre. Georges Ier donnait l'ordre à l'amiral Norris de conduire à Pétersbourg un ministre d'Angleterre, Jeffries. L'agent du Tsar à Paris, si violent en juillet contre la Quadruple Alliance, le baron de Schleinifz, avait reçu l'ordre aussi dune réconciliation avec le duc d'Orléans, à laquelle l'abbé Dubois fut loin de refuser son concours. N'ayant pas obtenu assez vite, aux conférences d'Aland, du roi de Suède parti pour guerroyer en Norvège, toutes les concessions voulues, Pierre le Grand se rapprochait de ses ennemis, sans rompre d'ailleurs tout à fait, et se réservant de vendre son alliance au meilleur compte1. Cette politique de marchandage ne ressemblait guère à l'appui ferme, décisif qu'avait espéré et escompté Alberoni, pour intimider, arrêter même Georges l'r dans ses entreprises.
Visiblement, à cette époque, le cardinal se jugea, lui et l'Espagne, impuissants, condamnés. Nancré, qui avait pris sur lui de rester à Madrid, sans espoir de fléchir la résistance de
1. Torcy, Négociations, III, f°« 77s. 77'. I ; Sailli Sifliofl, XV, p. VJ'.i ; Toivy. III, 813 ; Sainl Simon, XV, p. 246.
Philippe V, avertit aussitôt Dubois de ces dispositions du premier ministre, qui l'y autorisa. Les Anglais à leur tour en furent informés par Dubois, et n'ajoutèrent p;is foi d'abord à une capitulation qui eût dérangé leur plan. Leurs doutes ne valent point Contre le cri de détresse que le cardinal lit pour la première fois entendre à Panne le 10 octobre : « Si, comme il paraît, le Roi et le Tsar, la Suède et la Prusse ne forment p;is une ligue contre l'Archiduc, nous serons obligés d'accepter l'infâme projet1. »
Quand il écrivait cette lettre, Alberoni savait qu'il ne restait plus à son maître qu'un court délai, jusqu'à la fin du mois, pour éviter la guerre, en acceptant les conditions de l'Angleterre. Le même jour, et plus intimement il confiait à son ami Rocca : « Croire que l'Espagne peut continuer la guerre en Italie, clans un pays si éloigné, avec une telle dépense, c'est pure folie même de le penser : il va falloir que le roi d'Espagne se résolve à un accommodement qui remettra les Italiens dans une servitude cruelle, éternelle. Nos ennemis ne nous accorderont pas une trêve provisoire, trop persuadés que j'emploierais cette trêve. » Seule l'ignorance de ces documents a pu excuser l'erreur des historiens. Devaient-ils encore faire grief au cardinal, sur la foi de témoignages plutôt suspects, d'avoir voulu légèrement, sans marine, sans alliés, la poursuite d'une guerre insensée, désapprouvée par ses auxiliaires plus clairvoyants, par Monteleone ou Gellamare? Si ses adversaires éprouvèrent à Paris et à Londres le besoin de justifier leurs torts envers le roi d'Espagne, et, poulies masquer, de rejeter toujours sur son ministre « ce boute-feu de l'Europe », la responsabilité de la rupture avec l'Empereur en 1717, avec l'Angleterre en 1718, les efforts d'Alberoni pour l'éviter ne sauraient être niés plus longtemps.
Il fit appel au confesseur du Roi, et Daubenton supplia Nancré de rester jusqu'au 15 octobre, d'attendre le retour de Philippe V de ses chasses de Ralsain pour les aider à vaincre le ressentiment opiniâtre du maître. Tous les jours, cinq heures durant, le ministre, le confesseur du Roi, l'envoyé de France examinèrent les possibilités, les moyens de fléchir le Roi,
1. Lettres d'Alberoni au duc de Panne, 10 octobre 1718 (Arch. N.w\, Farnesiana, 59), et à Rocca, même jour, p. 607.
mauvaises nouvelles qui pouvaient arriver de Sicile, offres fermes de donner Gibraltar, garanties à la Reine en cas de mort de son mari. « Il ne faut pas se leurrer, le cardinal ne tourne pas le Roi comme il veut '. »
Le 17 octobre Daubenton appela Nancré à l'Escurial où le Roi venait d'arriver, dans un état à se laisser peut-être convaincre. Alberoni avait repris quelque espoir, et le lui dit. La journée du 19 parut décisive : la colère de Philippe Y pliait sous le nombre et la force des arguments que ses confidents lui opposèrent. Si bien que Daubenton commença de rédiger un billet pour informer Nancré de la victoire pacifique qu'avec Alberoni déjà il croyait tenir. Il n'y avait plus à tarder pour notifier aux puissances, avant l'expiration du terme prescrit, l'adhésion de l'Espagne à la Quadruple Alliance. « C'est moi, disait Alberoni conscient de l'avenir qui se décidait alors pour lui, qui serais la première victime de l'opiniâtreté de Leurs Majestés. » Le 20 octobre 1718 Philippe Y avait décidé, contre l'avis du cardinal, de son sort et de l'Espagne'2.
Quand il rencontra Nancré, le matin, à son départ pour une chasse que les plus graves décisions ne devaient pas retarder, il l'aborda de l'air d'un homme qui a peine à se modérer. 11 lui fit des déclarations personnellement agréables pour lui, très violentes sur la conduite du duc d'Orléans qui avait lié partie avec ses ennemis. C'était trop clair : Nancré n'avait plus qu'à se retirer et à quitter l'Espagne. Elisabeth Farnèse, qui assistait à l'entretien, eut pendant toute sa durée un sourire, « que je qualifierais de malin si le respect me le permettait » écrivail l'ambassadeur à son maître. A bon entendeur salut : ce sourire disait assez le motif de la décision définitive et grave à laquelle Philippe V s'arrêtait.
« La nuit a porté mauvais conseil » avoua aussitôt Daubenton. « Le prie-Dieu n'avait pas été celle fois de force contre l'alcôve. » Elisabeth seule avait détourné son mari de la capitulation qui la
l. Lettre de Nancré au duc d'Orléans, 5 octobre 17ls A. ÉTR., Esp., t. 273, f 102).
?. Lettre de Saint-Aignan au Roi,' 17 octobre 1718; lettres de Nancré au duc d'Orléans, surtout celle du 24 octobre 1718 A. ÉTR., Esp., t. 273; f" 262
veille semblait probable; elle s'en applaudissait, ne fût-ce que pour le plaisir d'avoir triomphé si pleinement du ministre et du confesseur, mais aussi par l'espoir de mieux assurer ainsi, avec son influence, ses intérêts. Ce ne fui pas en effet pour servir la maison de Parme qu'elle retint alors Philippe V dans la voie des hostilités, après l'y avoir engagé par ce motif : ce fut pour se procurer à elle-même une ressource contre les risques de l'avenir. Elle avait fait la fortune d'Alberoni : elle ne voulut pas alors lui sacrifier la sienne.
Sans doute, le cardinal aurait pu lui rappeler l'histoire de son mariage. C'était bien par lui qu'elle était reine d'Espagne. Mais Reine, pour combien de temps? A force de croire et de dire sa fin prochaine, Philippe V tourmenté par la crainte de la mort et ses scrupules religieux, inspirait à sa femme des inquiétudes réelles. « La santé du Roi me donne, écrivait le 27 août Alberoni, de bien mauvais moments. Elle inquiète si fort la Reine qu'elle en est malade : il est important, et il faut qu'on croie dans le monde que le Roi est en bonne santé. Et cela nous met dans une fâcheuse contrainte1. » Sous l'action de cette maladie nerveuse qui le déprimait, et par un régime détestable, Philippe V dépérissait. C'étaient sans cesse des crises de vomissements qui le laissaient après pâle et abattu : son corps était bouffi, ses jambes enflaient. Pour le présenter à la Cour on devait lui mettre du rouge et dissimuler par des artifices de costume sa difformité. Mais le sang lui-même se corrompait : des ulcères parurent aux jambes2. « Je commence à craindre, notait Alberoni en novembre 1718, qu'il ne vive pas vieux. Et voilà deux ans que, si la Reine avait la force de suivre les avis que je lui ai renouvelés les larmes aux yeux, nous ne serions pas dans l'état où nous sommes. Le Roi a besoin d'être gouverné, comme la feue Reine le gouvernait. Gardez-moi la plus inviolable confidence3. » Au moment où le sort de l'Espagne se
1. Lettre d'Alberoni au duc de Parme, 27 août 171S (Akcii. Nap., Farnesiana, fasc. 59).
2. Lettre de Saint-Aignan à Dubois, 25 novembre 1718 (A. ÉTR:, Esp., t. 274, f" 11) .
3. Lettre d'Alberoni au due de Parme, 21 novembre 1718 (Arch. Nap., Farnesiana, fasc. 59! .
décidait, Elisabeth Farnèse se préoccupa surtout de son propre sort, qui n'était point assuré en cas de veuvage.
Les médiateurs, l'Angleterre, la France offraient Gibraltar à son mari, à ses enfants des successions en Italie. Que lui offraient-ils, à elle qui se voyait à la veille de perdre un royaume, quel refuge, quelle retraite ? L'existence misérable que, depuis vingt ans bientôt, la veuve de Charles II menait, à court de ressources, dans sa petite cour de Bayonne la guettait : « On aurait mieux fait de penser à la Reine qu'aux infants » disait Nancré *. Lord Stanhope, avait entrevu en quittant Madrid au mois d'août la véritable raison de la résistance intéressée d'Elisabeth à cette paix sans garantie, sans promesse pour elle. Il avait compris pourquoi, à l'audience de congé, le dernier mot de la Reine, cette femme si fière, avait été presque une prière, un recours à son amitié dans l'avenir. Si elle s'obstina, si au risque d'une lutte inégale, elle empêcha Philippe V, d'abandonner ou la Sicile ou la Sardaigne, ce fut pour se réserver un de ces domaines comme douaire, et comme asile. Cette princesse altière ne put se résigner à la perspective de n'être plus souveraine. Madame des Ursins n'avait-elle pas donné l'exemple, lorsqu'en 1713 pour se ménager une souveraineté aux Pays-Bas, elle avait conseillé à Philippe V la guerre à outrance?
Alberoni, en 1718, subit cette loi. Ce n'était plus cette fois la loi des Farnèse, mais celle de leur nièce. Les princes de Parme, plus sages qu'Elisabeth, reconnaissaient l'impossibilité de poursuivre la lutte contre l'Empereur. Ils voyaient leurs Etats occupés parla cavalerie autrichienne, l'Italie toute entière ruinée par le passage des troupes allemandes, troupes de larrons et de brigands : « juste châtiment pour les Italiens », écrivait Alberoni, mais grave souci pour le trésorier de Parme qui réclamait la paix, pour le duc qui tendait la main à Madrid, sans vergogne. « 11 ne faut que trop prévoir, écrivait-il, la nécessité où sera l'Espagne, seule avec une guerre sur les bras, d'accepter ou de faire des propositions de paix. » De Plaisance on conseillai! vivement à Philippe V mie réconciliation avec l<v
1. Lettre de Nancré à Dubois, 31 octobre 1718 [A. III!., Esp . I. 273, l 204 .
Régent, et déjà on adressai! au due d*Orléans un envoyé spécial, Landi, pour implorer ses bons offices el ceux de la cour d'Angleterre. Victimes d'une guerre qu'ils avaient déchaînée el qui, par le malheur de l'Espagne, avnil tourné contré leurs espérances, les Farnèse avaient hâte de se mettre à l'abri1. L'heure était proche où ils allaient se résoudre, suprême ressource pour se faire pardonner leur entreprise téméraire, à sacrifier le ministre, coupable aux yeux des Anglais d'avoir poussé Philippe V à la guerre, et aux leurs de ne l'avoir pas à temps converti à la paix.
Au moment où s'éloignaient les envoyés de Georges Ier et du duc d'Orléans, lord Stanhope le 17 et Nancré le '2 novembre, ce dernier avec des lettres d'adieu très chaudes du cardinal et du confesseur"2, Alberoni confiait à son ami Rocca le secret de sa conduite : « Je prie Dieu qu'il me trouve en état de contribuer à la paix, et on la verra sans tarder. Ce monarque s'estime profondément offensé malgré toutes les représentations que je lui ai faites, il a toujours pensé que le point d'honneur et le respect de lui-même devaient passer avant tout intérêt et faire oublier les malheurs que pourrait causer la guerre ; avec ses maîtres, il n'y a qu'à dire son avis, puis à obéir; c'est ce que j'ai fait en m'opposant de vive voix et par écrit depuis le début, en déconseillant cette rupture. Mais quand il s'est agi d'obéir, toute mon opposition à la guerre ne m'a pas empêché de fournir l'attention, le zèle, l'activité que je devais au service du Roi mon maître et mon bienfaiteur3. » Ce fut jusqu'à la fin de son ministère la règle unique du cadinal.
L'hiver suspendait encore la guerre menaçante. Dans l'espoir que la Providence viendrait en aide au roi d'Espagne, ou lui susciterait un défenseur inattendu « contre ces brigands anglais qui divisaient le monde à leur fantaisie4 », il se remettait à la tâche, travaillant de corps et d'esprit pour reconstituer les forces
1. Lettres du due de Parme à Alberoni, 28 octobre 1718, 11 novembre et 23 décembre 1718 (Arch. Nap., Famesiana, fasc. 59 .
2. Les lettres du 27 octobre sont conservées aux A. KTR., Esp., t. 273. I 282 el 283.
3. Lettre d'Alberoni à Rocca, de Tudela, 8 juin 1719, p. 631.
4. Lettre d'Alberoni à Rocca, du Pardo, 3 novembre 1718, p. 611.
de la monarchie. Avec sang-froid, il calculait les chances et les ressources de l'Espagne.
A Melazzo, en Sicile, le marquis de Lède qui avait eu l'honneur de prendre, le 30 septembre, la citadelle de Messine, infligeait au général Carafîa une véritable défaite : 4,000 tués ou blessés, 1,000 prisonniers. La conquête espagnole s'affirmait dans l'île : le gouvernement faisait passer des recrues et de l'argent en abondance pour la solde des troupes. Alberoni ne désespérait pas de faire reparaître en face du royaume de Naples une flotte qui se reconstituait à Cadix. « Mon ministère, par son intrépidité et sa constance, sera à la hauteur des difficultés : le malheur n'abattra pas notre courage. La perte d'une bataille ne décide pas cette guerre1. » Des étrangers, des adversaires même comme l'envoyé de Savoie ont rendu hommage à l'énergie du cardinal : « c'est un homme sorti de la lie du peuple, notait le comte Lascaris, embouché comme un voiturier, mais ferme et intrépide et plus il a intérieurement de motifs d'être abattu, plus sa vigueur d'âme s'affirme2. »
A voir en cette crise décisive, l'activité du ministre, également soucieux de poursuivre son œuvre de réforme intérieure, de réaliser des économies, et d'organiser la guerre, on n'eût pas dit qu'il faisait contre mauvaise fortune bon cœur. Parfois des accès d'indignation contre ces Italiens à qui il s'était dévoué et qui l'abandonnaient, plus rarement un aveu de fatigue. « Quelle vie pour un vieux qui a tant fatigué et qui fatigue encore3 ! »
C'était l'heure du dernier effort. Toute l'Europe, lui déclara alors, la guerre, à lui seul, bien nettement et personnellement. Le 9 novembre 1718, après avoir chassé les marchands anglais pour intimider le commerce de Londres, Philippe V avisait les négociants français du profit qu'ils trouveraient dans cette rupture entre les nations voisines, auprès d'un souverain né au sein
1. Lettre du due de Parme à Alberoni, 10 décembre 1 71 s ; lettre d'Alberoni au due de Parme, :il octobre 1718 Arch. Nap., Fatiiesiana, fasc. .">(.i .
2. Le comte Lascaris, Relazione sulla Corle di Spagna académie de Turin, 1861, p. 110 et suivantes.
:; Voir notamment les lettres de colère du 19 décembre et ? janvier 171'.» ;'i Rocca, p. 018, 620.
de la France '. A ce défi, Georges Irr répondit le 22 novembre, en ouvrant son Parlement, que le Régenl de France entrerait avec lui dans les mesures les plus rigoureuses, représailles nécessaires de la violence faite par Alberoni au commerce d'Angleterre. Depuis la victoire du cap Passaro, la nation anglaise s'était brusquement convertie, après l'avoir longtemps redoutée, à l'idée d'une guerre contre l'Espagne. Dans le ministre qui avait restauré une marine condamnée depuis un siècle, et prétendu remettre en valeur les ressources commerciales et coloniales d'une rivale négligeable, le peuple anglais vit désormais un adversaire dangereux. Pour l'abattre, il répondit avec enthousiasme à l'appel de son Roi2.
En France, pour soulever l'opinion contre l'Espagne et son ministre, il fallait d'autres prétextes que les réclamations, plus ou moins justifiées, du commerce anglais. Le cabinet de Londres réclamait et annonçait l'action prochaine de ses alliés. La résolution de l'abbé Dubois était prise de déclarer la guerre au cardinal, « qui a juré la perte du Roi de la Grande-Bretagne et de Son Altesse Royale pour bien montrer qu'on ne la faisait pas au Roi catholique et à la nation espagnole, mais à ce ministre turbulent. Il s'agissait de lui faire personnellement tout le mal que l'on pourrait3. » Encore fallait-il justifier auprès du Conseil de Régence et de la France le châtiment que le duc d'Orléans, pour le triomphe delà Quadruple Alliance, garantie de ses ambitions personnelles, prétendait administrer, sur le dos de l'Espagne, au cardinal. « L'abbé Dubois avait appris, dit Saint- Simon, en Angleterre l'art de faire paraître une conspiration prête à éclater pour tirer du Parlement plus de subsides. » La découverte, au bon moment, de la conspiration de Cellamare, l'éclat que le Régent fit avec cette découverte, servirent à persuader aux peuples du Royaume que la guerre « était devenue nécessaire pour arrêter les desseins du ministre d'Espagne ».