Tome H
354 LA GUElillE FRANCO-ESPAGNOLE
les Jacobites avaient préparé une nouvelle révolte des loyalistes. Le 21 mars 1719, l'émoi fut grand au Parlement anglais quand on apprit le départ de cette nouvelle Armada espagnole. La tempête, qui dispersa la petite Hotte en face du cap Finistère, allait, au mois d'avril, rassurer Georges Ier et ses sujets. Quand il connut le désastre, Alberoni écrivit à Parme, le 26 avril 1719 : « Le poids que je porte est bien lourd. Des projets que j'avais formés, un seul, réussissant, eût fait échouer les desseins de l'ennemi : la Providence les a tous traversés1. »
Désespérément, il se rattachait à l'espérance bien vague de reformer contre le Hanovre l'alliance du Nord avec le Tsar qui recevait toujours les agents des Stuart, l'Irlandais Patrick) Laulès. Il dépêchait au roi de Prusse menacé par les ambitions de Georges Ior, un aventurier italien, le docteur Marini, homme de beaucoup d'esprit, secrètement vendu au duc d'Orléans; Marini avait proposé en outre au cardinal, et la dénonça au Régent, une trahison du duc de Richelieu, chargé d'un commandement aux Pyrénées. En cours de route, Marini fut arrêté à Lyon par le gouvernement français : l'agent secret d' Alberoni et l'ambassadeur du Roi, Cellamarc, devenaient alors, par un singulier revirement, au printemps de 1719, les derniers porteurs des offres pacifiques du Régent à la cour d'Espagne2.
Marini fut chargé par Dubois d'écrire au cardinal qu'il obtiendrait assurément le pardon du duc d'Orléans, et des avantages même si, convaincu de l'inutilité de la lutte, il employait son crédit à fléchir l'obstination des souverains espagnols (février 1719;. A la même époque, tandis que Cellamare regagnait la frontière sous la garde de Dulybois, le Régent et son ministre Dubois s'employaient tous les deux à négocier à Saintes encore avec Philippe V et Alberoni. Enfin revenu à Paris, Nanerc poursuivit, sur Tordre du maître, sa correspondance avec le cardinal, et le 19 février encore l'assurait des vœux que l'on formail au Palais-Royal pour éviter la guerre par son intermédiaire^.