‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 174 sur 189 · Lettre d'Alberoni à Piocca, 17 juin 1720, p · texte numérisé non relu

Lettre d'Alberoni à Piocca, 17 juin 1720, p

réalisait ; la honte et le dépit disposaient les souverains d'Espagne à l'injustice envers leur serviteur.

Pendant tout le mois d'août, les nouvelles désastreuses se succédèrent à Pampelune. Maître de Fontarabie, le maréchal de Berwick s'était aussitôt porté contre Saint-Sébastien qu'il prit le 17 août sans difficultés. Accompagné cette fois du colonel Stanhope, il fit embarquer le 8 août sur des vaisseaux anglais des soldats français qui s'en allèrent brûler à San Antonio les chantiers et les navires en construction de la marine espagnole1. « L'œuvre de ruine, destinée (c'étaient ses propres paroles) à faire voir au parlement et aux Anglais que la France n'avait rien négligé pour diminuer la marine d'Espagne, s'accomplissait partout2. » Contre Philippe V, le duc d'Orléans soulevait les provinces basques toujours jalouses de leurs fueros. Et bientôt il envoyait Berwick et son armée à Perpignan pour exciter les Catalans que la France, en 1714, avait eu tant de peine à faire rentrer dans le devoir. De toutes parts, la ruine et le démembrement de l'Espagne : les Français de la Louisiane, avec le concours de la marine royale, s'emparaient de la baie de Pensacola, la meilleure rade de cette région du Mississipi, signalée à l'attention de l'Europe par le Système3. Après neuf assauts héroïquement repousses, Spinola en Sicile allait rendre Messine aux Impériaux, le 18 octobre : le marquis de Lède n'était plus en état de leur disputer l'île, qui ne recevait plus de secours *.

Contre ces conséquences prévues d'une lutte inégale, Alberoni ne pouvait plus rien. Ministre docile d'une cour que le malheur même n'instruisait pas, il employait de son mieux les dernières ressources de l'Espagne et de sa diplomatie. Ce fut alors, au camp devant Fontarabie, qu'il entra en relations avec des gentilshommes bretons, Mclac ïlervieux et Lambilly, représentants <\r la noblesse qui défendait dans cette province ses privilèges

1. Berwick cl Saint-Philippe* Mémoires, et, pour les dates, les lettres du colonel Stanhope ;'i Stanhope Rec. Off., Spain, vol. H',:;. France, 354 .

2. Berwick au Régent, s aoûl 171'.), dans Lemontey, Histoire </<■ lu Régence, [, p. 268.

!î. Heinrich, /." Louisiane, p. f>l :"i 60.

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