‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 179 sur 189 · Saint-Simon, Mémoires, XVIII, p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, Mémoires, XVIII, p

3. Lettre de Landi à Dubois, 20 novembre 171'.) (A. ÉTR., Parme, t. VI, 1° 100 .

4. Lettre du duc de Parme à Alberoni, 23 septembre 171'J (Akch. .\vr., Farneaiana, fasc. 64).

lire les lettres que les diplomates de son pays, Scotti et son meilleur ami le comte Rocca, échangaient à son insu, il pressentit qu'on se préparait autour du duc à le rendre responsable de tout, de la guerre entreprise au gré des Farnèse, de la paix retardée par l'obstination du roi d'Espagne. 11 ne pouvait plus désormais défendre l'Espagne menacée par la descente des Anglais à Vigo, par une attaque prochaine des Portugais, par l'invasion des Français en Catalogne et un dernier effort des Impériaux pour reprendre la Sardaigne après la Sicile. L'intervention du Tsar était trop lointaine, et la révolte de la Bretagne bien douteuse, depuis que le duc d'Orléans se trouvait averti, et que la petite escadre du duc d'Ormond se voyait bloquée à Santander par la crainte des escadres anglaises.

Alberoni fit au moins de son mieux pour se défendre luimôme. Le 2 octobre, Scotti reçut l'ordre exprès de ne pas passer les Pyrénées,- mais les Alpes, de s'en retourner en Italie et non à Madrid. « 11 n'est pas bien à Paris, il ne serait pas mieux à Madrid1. » Mais Scotti s'obstina : la cour de France le pressait chaque jour davantage -. Il avait l'espoir, s'il éloignait le cardinal, de servir en Espagne Elisabeth Farnèse à sa place. Et déjà, sous forme d'une douceur, le Régent lui avait remis le prix de sa peine. Le marquis franchit, malgré l'avis d'Alberoni, les Pyrénées3. C'était un grand voyage, pénible, au mois d'octobre, dans un pays froid comme celui-là. Rien ne prouvait, en outre, qu'il réussît. Le 23 octobre, Alberoni écrivait à Plaisance : « Dieu veuille que le mal qu'il se donne ne soit pas en pure perte! » 11 entendait bien aider la Providence, pour qu'elle ne favorisât pas cette entreprise dirigée contre lui.

Quand Scotti arriva à Madrid, le 31 octobre, toute la Cour était à l'Escurial, le Roi et la Reine exclusivement occupés de chasse4. C'était le temps de l'année où le cardinal, chargé de

1. Lettre d'Alberoni au duc de Parme, 2 octobre 1719 [Arch. Nap., Farnesiana, fasc. 64).

V. « Vado a una impresa che credo di quasi impossibile riuscita. » Lettre de Scotti .'i Rocca, dans Bersani, Alberoni, p. 27f>.

'■<. Dadoncourt, lieutenant du Roi, à Bayonne, signale son passage el dit combien « il esl enchanté de s. A. H. et charmé «le l'esprit de Dubois ». — Lettre ;"« Dubois, 17 octobre 1719 (A. ÉTR., Esp., t. 290, f" 110 .

t. Lettres d'Alberoni à Rocca, 23 octobre et 6 novembre 171'.», p. 639 et G40.

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