‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 22 sur 189 · Lettre d'Alberoni à Rocca, de Mons, 25 octobre 1 7or · texte numérisé non relu

Lettre d'Alberoni à Rocca, de Mons, 25 octobre 1 7or

3. « Premiers jours il'1 décembre », ilit Saint-Simon, éd. 'le Boislisle, XIV, p. 129..

4. Lettre d'Alberoni à Rocca, de Belesbat, 7 mars 1707. p. 41.

ALBERONI ET VENDOME EN FLANDRE 3i

princesse de Conti, le duc de Berry s'y enfuir, loin des tristesses et de la règle de Versailles. Ce n'étaient alors que chants et festins1.

L'abbé était de toutes les fêtes et vantait à Plaisance les avantages de ces rencontres. Il payait son écot en galanteries de toute sorte : aux dames il offrait des fleurs commandées pour elles en Italie ; aux princes des gobelets de Venise, des soupes au macaroni et au fromage, des saucissons bolonais; à tous, les éclats de sa verve lombarde2. N'était-ce pas une fortune pour les Farnèse que de conquérir ainsi à la fois, la faveur du Dauphin, du père et du frère du roi d'Espagne, et du premier général français ?

A la prière d'Alberoni, ils envoyaient de Parme saucissons et fleurs3. Ils maugréaient parfois, ne laissant pas de trouver onéreuse pour leur caisse cette diplomatie à l'usage du grand monde, ce surcroît de dépenses pour une société plus riche qu'eux. Ils essayaient de faire des économies sur leur agent, qui alors criait misère. Alberoni eut toutes les peines à obtenir le second semestre de sa pension. On voulut lui retirer le bénéfice qu'il avait engagé, à son départ, pour se faire des fonds. La pension que lui payait Louis XIV, comptée en billets de monnaie qui perdaient au change, était maigre. Sans l'obligeance de Pléneuf et les libéralités de Vendôme, l'abbé n'aurait pu se soutenir en France dans les conditions exigées par son emploi.

Quoiqu'on lui ait reproché le désir de faire sa fortune, assez naturel pour un homme qui n'en avait pas, ses plaintes contre le trésor de Parme, toujours lent à s'ouvrir, paraissent sincères, inspirées réellement par le besoin le plus pressant. Et la preuve, c'est qu'il savait calculer les charges de sa cour, aggravées depuis six mois par les réquisitions du prince Eugène : 85,000 doublons d'Espagne, sans compter les paiements en nature pour l'entretien des troupes allemandes. Sans interrompre son œuvre, il

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