‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 24 sur 189 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

ALBEHONI ET VENDOME EN FLAND1Œ 33

autour de Charleroi. « Ce n'est pas reculer, disait l'abbé; cela donne de la hardiesse aux troupes1. »

Il se réjouissait que Vendôme eût pris l'offensive contre Marlborough. Il croyait tenir la victoire qui consacrerait la réputation du général français et sa propre diplomatie. « Ce sera un beau spectacle, de ces deux armées en présence dans un pays sans fossé, ni sans arbres, obligées de se battre, de se détruire sans pouvoir reculer. » L'enthousiasme du bon abbé, sous son déguisement militaire, n'allait point jusqu'au désir de voir le feu de près, d'être incommodé « par ce maudit animal de canon ». Sa prudence trahissait le rôle que sous un autre masque il jouait à l'armée de Flandre. De la bataille, il aimait mieux les résultats que les foudres.

Mais il n'eut pas lieu de faire connaître définitivement ses préférences. Le mois s'écoula : point de bataille. Le «Milord Anglais», Marlborough, parut ne pas vouloir la risquer. Il avait reçu de Londres l'ordre de se limiter à la conservation du Brabant et de Liège, tandis que la coalition se préparait en Espagne à un effort décisif. Les Anglais lui reprirent môme des troupes qui passèrent par Ostende dans la péninsule. Il resta donc, jusqu'à ce que le défaut de fourrages l'obligeât à subsister ailleurs, dans ses lignes d'Halte où Vendôme ne pouvait l'attaquer. Et cela dura deux grands mois. Puis lorsque les généraux se portèrent : Marlborough à Soignies à une lieue de Mons, son adversaire au camp de Chièvres, des pluies continuelles les obligèrent à se regarder de très près, sans se heurter. L'espérance d'une bataille pour cette campagne s'évanouissait : « Les batailles ne sont que pour les désespérés », disait-on au camp de Chièvres. — «Notre général, écrivait Alberoni, ne songera que l'empêcher de rien entreprendre. Il sera glorieux, s'il réussit"2. » Et Vendôme y réussit en effet. À Fiers, à Anappes, il empêcha Marlborough de tenter l'attaque de Lille, où il s'acheminait avec tout un appareil

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