‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 25 sur 189 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

de siège, heureux avec moins de gloire d'avoir reconstitué à la France une armée, de l'avoir ménagée pour la campagne prochaine. Alberoni ne lui refusait pas cet éloge. Sa philosophie savait toujours s'accommoder du temps présent, et se consoler par la perspective des revanches futures.

Ce n'en était pas moins une déception que ce recul de la victoire décisive : « Je vous assure, écrivait-il le 13 juin, que je suis las de la guerre. Tout le monde devrait l'être. » Des marches pénibles, des stations prolongées dans la boue, des alternatives de froid et de chaleur excessives : « maudit métier que la guerre», soupirait l'abbé que la guerre ne payait pas de ses peines. Il tomba malade le 10 décembre, à Lille, épuisé par la fatigue et la dysenterie. Ces épreuves lui semblaient d'autant plus dures qu'elles étaient inutiles à la cause qu'il servait L

Pendant ces six mois, la condition de l'Italie empira singulièrement : « Quel malheur qu'on n'ait pas reconnu la nécessité de la soutenir ! disait-il les 4 août et 21 novembre 1707. Quand je considère comme nous étions, la mélancolie me prend à devenir fou. Dieu veut punir d'une punition horrible l'Italie. Je ne puis pas pensera notre pauvre pays sans être pénétré de douleur. »

Ton les les nouvelles qu'il recevait de Parme lui faisaient cruellement sentir son impuissance et la stérilité de ses efforts. Le pape s'était imaginé, le 27 juillet 1707, de combattre par une bulle d'excommunication les Allemands installés dans le duché de Parme, fief du Saint-Siège. Il ne voulait pas céder ses droits a l'Empire. « Les gens au delà des Monts ne craignent guère les excommunications. Le temps esl mal propre pour en faire l'usage. Il faudra que le pape oublie ses droits : il sera trop heureux s'ils le laisseront vivre à Home-. » Les menaces pontificales ne pouvaient avoir d'autre effet que d'exciter les colères des Allemands contre lui-même et son prétendu fief. Le duché <le Parme fut livré à une véritable exécution militaire. Les Allemands ne se contentèrenl pas de répondre par des dissertations sur le droit de l'Empire aux mémoires de la cour de Rome. Ils prouvèrent leur droil par la force. Leur armée, Prussiens, Ilcssois, et

1. Lettres d'AIberoni à Rocca, L3 juin 17n7, VI novembre, p. -ix, G2.

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