‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 27 sur 189 · Poggiaii, Memorie, XII, p. 237 et · texte numérisé non relu

Poggiaii, Memorie, XII, p. 237 et

cru, pour lui seul, et pour le succès de son intrigue auprès de Vendôme, il mériterait l'oubli et l'injustice dans lesquels ses premières années en France ont été enveloppées. Quand il évoque la grande figure de Jules II1, en face de la décadence pontificale, de la faiblesse de Parme ou de Venise, de l'égoïsme du duc de Savoie, allié, pour le malheur de ses sujets, à leurs ennemis, quand il escompte la victoire qui mettra fin à ces maux et à ces hontes, quand il déplore enfin les hasards qui la retardent et implore une chance meilleure, on apprécie mieux ses longs efforts au service d'une grande cause, de la patrie italienne.

« Ne m'abandonnez pas, s'il est possible », écrit-il le 21 novembre 1707, Ce cri de détresse, au lendemain d'une maladie qui venait de l'éprouver gravement, fut entendu à Parme. On lui continua sa pension, quoique le duc eût résolu de se soumettre aux Allemands, de renvoyer les garnisons pontificales. Mais peut-être, à la longue, les Farnèse lassés eussent-ils rappelé leur envoyé, s'il n'avait trouvé le moyen de les servir sans le moindre salaire"2.

Au mois de janvier 1708, Vendôme présenta l'abbé à Louis XIV dans son cabinet. L'audience lui valut une pension plus élevée de la cour de France, 3,000 francs de plus, octroyés par le roi avec cette bonne grâce qui donnait tant de prix à ses bienfaits : « Je suis ravi de vous faire plaisir, d'autant plus que je ne saurais faire mieux pour votre colonel qui a tant d'estime et d'amitié pour vous. » Alberoni était payé de ses peines. La façon dont il annonça la nouvelle à Parme lui fit honneur et prouva sa fidélité à son prince, à son pays. S'il n'avait été qu'ambitieux, pensionné par la France il aurait quitté un service qui ne lui rapportait rien. C'était l'instant où on devait l'attendre pour juger cette âme de parvenu. La faveur de Louis XIV ne changea rien à ses rapports avec les Farnèse. 11 s'employa pour eux avec le même zèle, « heureux de pouvoir continuer son service sans incom-

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