‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 31 sur 189 · Sainl Simon, éd. de Boislisle, XVI, p vis el · texte numérisé non relu

Sainl Simon, éd. de Boislisle, XVI, p vis el

2. Lettre d'Alberoni à Rocca, 26 juillet 1708 (p. 70). 3 Idem, 15 juillet 1708, p. 75.

ALBEKONI ET VENDOME EN FLANDHE 43

entamée par la perte d'un millier d'hommes, pourrait reprendre le lendemain sa revanche. Saint-Simon cite cet avis, repoussé le soir même par tous les généraux et les princes, comme une fanfaronnade, comme un calcul destiné à rejeter la honte sur le duc de Bourgogne.

Il est bien vrai pourtant que la moitié de l'armée n'avait pas combattu, et que l'armée de Berwick arrivée du Rhin protégeait la frontière en cas d'échec. Et ne fallait-il pas ramener au combat des troupes démoralisées par un simple accident, plutôt que les démoraliser plus encore par une retraite précipitée? Lequel des généraux valait le mieux, celui qui rassurait et essayait de relever les esprits, ou des maréchaux tels que Puységur, assez bas courtisan pour engager le duc de Bourgogne à fuir en chaise de poste avec une bonne escorte à Gand, à Ypres i ? Si l'on songe que voilà un des héros dont Saint-Simon a adopté la relation, le récit d'Alberoni, écho fidèle des colères, comme des propos courageux et des regrets de Vendôme, ne doit-il pas inspirer plus de confiance que le témoignage de ce maréchal de France accusant le général en chef, pour faire oublier qu'il a conseillé la désobéissance aux officiers et la fuite aux princes du sang, devant l'ennemi.

(Jue pour discréditer Vendôme et son avocat, Saint-Simon ait repris contre l'abbé le thème ordinaire de ses injures et de ses calomnies, qu'il lui reproche ses origines, la condition de ses parents, les prétendus moyens dont il se servit pour parvenir, « rebut des bas valets et de leur table », peu importe. Et comment s'étonner que, courtisan du duc de Bourgogne, il ait reporté sur Alberoni, comme sur Campistron , des plébéiens sans naissance, parvenus par l'esprit, toute la haine qu'il nourrissait contre Vendôme, un bâtard'2. Si l'abbé lui eût paru méprisable à ce point, il n'aurait pas consacré un chapitre entier de ses mémoires à réfuter son récit d'Oudenarde. On peut même dire que, sans cette copieuse réfutation, l'humble envoyé de Parme n'aurait pas paru sur la scène principale de l'histoire

1. Voir les récits sur le soir de la bataille dans l'édition de Saint-Simon par M. de Boislisle déjà citée avec les appendices et les notes.

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