‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 32 sur 189 · Saint-Simon, éd. de Boislisle, XVI, p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, éd. de Boislisle, XVI, p

comme témoin et à titre de confident1. Il eût attendu que son rôle, un premier rôle obtenu assez tard en Espagne, attirât sur sa personne l'attention de l'histoire.

Pendant cette campagne de 1708, Alberoni demeura ce qu'il avait été dans les précédentes, un Italien préoccupé de servir son pays et ses amis, et de plaire aux Français pour y réussir. L'Italie n'était plus le théâtre des grands événements. Les vœux d'un patriote italien, « égaré en Flandre», ne touchaient pas le public attentif au drame qui se jouait en France et en Espagne. Il a fallu ses lettres pour nous révéler ses angoisses patriotiques. « Je l'ai toujours dit, écrivait-il, même quand les affaires des deux couronnes étaient dans la plus grande prospérité, que c'était un orage qui venait en Lombardie, qu'à la fin il se répandrait par toute l'Italie-. » Pas un mois ne se passa qu'il n'en suivît la marche redoutable, du nord ou du sud. Pour le conjurer, l'abbé, docile aux instructions des Farnèse, sollicitait en France les concours nécessaires à la formation d'une ligue des princes italiens. Le motif principal du séjour que Vendôme lui prescrivit à Versailles au mois d'août 1708 était l'effort qu'on attendait de lui pour persuader à Louis XIV l'entreprise favorable à l'indépendance des princes italiens3.

Sans attendre les décisions de la France, irrité par les prétentions de l'Empereur contre les droits du Saint-Siège, le pape Clément XI avait, par un manifeste du 12 août, déclaré la guerre aux Allemands. Il avait pris la cuirasse comme Jules II, et fortifié Ferrare : provocations qui après tout n'eurent pour effet que de livrer l'Italie centrale aux Barbares4. Alberoni plaisantait ces prêtres inhabiles au métier de la guerre, les menaces des papalins qui pourraient bien « les mener au comtade d'Avignon »,

1. C'esl i peine, en effet, si Ton a su qu'au lendemain de la publication de sa lettre, Alberoni étail venu chercher sa grâce et son pardon à Versailles «lu Roi qui ne !<• recul pas, el lui retira même comme châtiment sa i>i'nsi<>n de 2,000 écus

Bellerive, journal, cité par de Boislisle, XVI, p. 572). — Ce voyage d'Alberohi doit se placer au vu août -i l'on en juge par l'interruption de sa corrospondance a\ ec Rocca ;'i cette date.

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