Saint Simon, éd. de lïoislislc, XVI, p
4. Saint-Simon, éd. de Boislisle, X"\ l. p. 270à 280, — Tessé, Mémoires, II, p. 276-
l'ignorance du général pontifical Marsiglii battu à la première rencontre, l'insuffisance de ses troupes, un « aggregatum per accidens ». Toute cette levée d'armes, au demeurant, lui parut fort ridicule; «le plus tôt que le pape reprendra son bréviaire au lieu de l'épée, il fera bien. Les Allemands vont manger le pain bénit1 ». Mais quelle douleur aussi de voir le duché de Parme faire les frais de cette paix, et l'Italie tout entière, du détroit de Messine à la Savoie, livrée aux appétits germaniques !
Par mille petits services, Alberoni essaye alors de consoler ses amis de leur malheur. Il est plus que jamais la providence des Italiens à l'armée de Flandre, leur intermédiaire entre eux, leur pays natal et leur famille. Il se charge de placer, de surveiller les fils de Parme qui sont venus chercher fortune auprès de Vendôme, leur procure solde et équipage, les réconforte à l'heure du péril, les suit dans les retraites 2.
Et toujours, il demeure auprès des Français l'homme qui s'est donné le rôle de faire aimer l'Italie, pour qu'on ne l'oublie pas. Saint-Simon, qui a tant critiqué la gourmandise de Vendôme et les potages d'Alberoni, sut-il que le duc de Bourgogne sollicitait Vendôme de lui céder le parmesan envoyé de Parme « parce que celui de Paris était à cent mille piques au-dessous ? » Et cela, trois semaines avant Oudenarde. « Les gens de guerre, écrit l'abbé, et il parle ici des princes et de leur entourage, au milieu des misères d'autrui ne songent qu'à manger, boire et se divertir. »
Alberoni servant et jugeant la table du duc de Bourgogne, voilà qui eût déconcerté son apologiste 3. Gela n'a point étonné ni rebuté le diplomate des Farnèse. C'était à ses yeux de la diplomatie, et de la bonne. Il ne pouvait admettre que les Bourbons ne finissent pas, avec un général tel que Vendôme maître de son métier, avec leurs ressources, par trouver une victoire décisive, utile aux Farnèse et bienfaisante à l'Italie. « J'aurai plein pouvoir, écrit-il, quand les Français y rentreront. » Jamais de découragement, et un dévouement à toute épreuve, voilà