Lettre du 4 juin 1708, p
toujours Alberoni, obstiné à la poursuite de son plan et de ses espérances.
Il suivit, après Oudenarde, Vendôme à son camp de Lovendeghem, d'où celui-ci comptait protéger Gand et Bruges, afin de pousser une pointe de ces places vers le nord, et d'obliger enfin les Alliés à la retraite1. Eugène et Marlborough n'en parurent pas autrement inquiets. Ils avaient une forte armée, grosse artillerie de siège, mortiers. Ils s'acheminèrent contre les forteresses qui avaient fait la gloire de Vauban et l'orgueil de Louis XIV. On crut qu'ils avaient en vue Tournai2 ; c'était mieux : Lille même. « L'entreprise pourrait être hardie, à moins qu'ils ne songent que nous demeurerons les bras croisés et que nous serons, tous, misérables spectateurs de la perte d'une si grande ville 3. » Cette audace de l'ennemi releva les espérances d' Alberoni ; qui donc empêcherait les Français durant le siège de cette ville défendue par 10,000 hommes et par Boufflers, de réunir derrière les Alliés comme en un cercle de fer les armées de Berwick et Vendôme? « Dans trois ou quatre jours, écrivait-il de Tournai où Vendôme s'était porté en diligence le 2 septembre 4, il y aura de quoi parler : une des plus sanglantes batailles qu'on a données il y a longtemps. Elle décidera du sort de l'Europe, de V Italie. » Les Français s'approchaient de Lille à Mons-cn- I Miellé. Le 31 août Berwick avait rejoint l'armée principale. .Marlborough, qui n'avait pu empêcher cette réunion, posté derrière la rivière de Marque, ne pouvait plus reculer sans découvrir l'armée du prince Eugène, et l'obliger à lever le siège de Lille. L'heure était venue de juger si ce siège avait été, de l.i pari des Alliés, imprudence ou audace heureuse.
Ce fut « le second tome d'Oudenarde », mais dans un autre sens que ne l'entendait Saint-Simon. Vendôme avait eu beau prendre ses précautions pour être obéi. En vain, au moment de