‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 36 sur 189 · Lettre d'Alberoni à Rocca, i». 82, s3, si · texte numérisé non relu

Lettre d'Alberoni à Rocca, i». 82, s3, si

'.'.. Vlberoni à Boselli, 23 septembre : » Vendôme avail l'ail de nombreux projets pour secourir Lille. Ils n'ont pas été approuvés, et encore moins exé-

cutés A h. ii . \.\i\, Farnesiana . — La narration de Bellerh si plus complète,

mais analogue (Saint-Simon, éd. de Boislisle, XVI, p. 601 et suivantes).

dernières extrémités, et autorisa Boufflers à capituler, à condition de prendre les ordres du duc de Bourgogne. Le jeune prince reçut la nouvelle à Tournay le 23 octobre. « Il jouait au volant, et la vérité est que la partie ne fut pas interrompue. » Quel aveu dans la bouche de Saint-Simon, et quelle condamnation de ce prince qui, tout occupé de ses plaisirs, ne trouvait rien à répondre à l'héroïque défenseur de Lille * ! Des parties de volant tandis que pour résister encore Boufflers s'enfermait dans la citadelle, et quand, par l'attaque de Leffingen (25-26 octobre), Vendôme s'efforçait de lui venir en aide et d'affamer ses adversaires !

« Je crois que nous allons commencer la guerre. Tout le monde est enragé. Et nous ne ferons plus d'honnêtetés à l'ennemi 2 », écrivait Alberoni en novembre 1708. Ni l'hiver ni la maladie n'arrêtaient Vendôme. L'abbé, malgré le rude métier de soldat qu'il faisait, trouvait encore le mot plaisant pour qualifier ces derniers efforts : « En substance, Lilla est divisée. Les Alliés ont pris le Li et le défenseur a gardé le La. Ce La est la dernière note de notre portée musicale. Il faudra des changements, ou nous redescendrons à d'autres notes3. » Pour peu qu'on lui fournît l'argent nécessaire à une campagne d'hiver, Vendôme espérait, en menaçant Bruxelles avec l'électeur de Bavière, déterminer la crise salutaire. Chamillart était revenu au camp (1er nov. 1708) une seconde fois, pour blâmer sans réserve le duc de Bourgogne et faire envoyer Berwick à l'armée du Rhin. Le général en chef avait tout pouvoir pour achever de couper à l'ennemi sa ligne de retraite. Il s'attendait de sa part à un effort désespéré que le prince Eugène et Marlborough, laissant trente bataillons à Lille, tentèrent le 26 novembre4.

A la veille de cette bataille décisive, Vendôme envoya Alberoni en cinq jours, rapidement, prendre une dernière fois les ordres du

1. Voir surtout Sautai, Le Siège de Lille et les notes ou corrections de M. de Boisli6le aux Mémoires de Saint-Simon, t. XVI, p. 345. Alors, le ducde Bourgogne s'est lui-même formellement accusé à Fénelon (Corresp. avec le duc de Beauvillier. — Edition de Vogué).

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