‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 43 sur 189 · BaudriUart, Philippe V et la cour de France, I, P · texte numérisé non relu

BaudriUart, Philippe V et la cour de France, I, P

au conseil du 30 juillet 1710, convaincu par les prières de Philippe V, les avis du Grand Dauphin et de Torcy décidait l'envoi immédiat de Vendôme en Espagne. Vendôme accueillit la nouvelle avec joie à Anet le 6 août1. Le 9 août il acceptait les ordres du Roi. 11 partit le "28 août « plein d'espérance de réussir et de justifier, dit Torcy, la première réputation ».

Alberoni écrivait à Parme le 6 août : « J'ai l'honneur de le suivre. » Ces seuls mots trahissaient sa propre joie. Sans doute, c'étaient encore la guerre et ses fatigues, une guerre d'hiver, difficile selon toute apparence, des sièges, des escarmouches, des campements sous la neige. L'abbé, dont ce n'était guère le métier, se consolait par le succès du plan qu'il avait formé pour ramener à la tète des armées, au service des Bourbons son protecteur et son ami. C'était un titre de plus à son amitié, un titre que l'histoire a oublié parmi ceux qui valurent à Alberoni le premier rang, mais que ni Vendôme, ni les souverains d'Espagne n'oublièrent. C'était bien lui qui procurait au général l'occasion de rétablir sa réputation militaire, compromise en Flandre et à la cour de France : « Il va tâcher de serrer le plus qu'il pourra M. de Stahremberg ; Dieu fasse que tout aille bien 2 ! » C'était lui aussi qui donnait au roi et à la reine d'Espagne, à leurs sujets, toujours héroïques dans ces crises de la patrie, un serviteur et un chef dévoué, d'un génie éprouvé à la guerre, qu'ils saluèrent à son arrivée d'acclamations unanimes. Les Espagnols comptaient sur Vendôme, et Vendôme sur leur valeur.

Le diplomate italien qui, dans la retraite d'Anet, avait heureusement ourdi la trame de l'intrigue faite pour les rapprocher, qui, à travers les accidents de la guerre et des cours, cherchait obstinément à servir auprès des Bourbons les Farnèse et l'Italie, une fois de plus reprenait sa partie interrompue, avec de bons atouts dans la main. Il était l'auteur principal de ce nouvel acte qui devait le conduire enfin, de la coulisse sur le devant de la

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