‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 51 sur 189 · Lettres à Rocca des 28 mars et -1 avril 171?, p · texte numérisé non relu

Lettres à Rocca des 28 mars et -1 avril 171?, p

3. Lettres d'Alberoni à Boselli, février 171? Arcii. Nap.), récil très curieux des projets de Vendôme sur l'Italie inspirés par son entourage au général età Alberoni lui-même, par des instructions envoyées de Parme, le 5 janvier 171?.

la chance d'une paix honorable qu'il cherchait depuis 1709. Les Anglais se décourageaient de combattre pour procurer à l'archiduc la restitution de tout ce qu'il venait de perdre en Espagne. Le ministère tory, soucieux de la paix et des profits d'une médiation, envoya l'abbé Gautier pour négocier avec Torcy (janvier 1711). Louis XIV avait immédiatement accepté, et c'était Vendôme lui-même qu'il chargea, dès le début, de persuader à son petit-fils la nécessité des sacrifices qu'il devrait faire à la paix, et aux Anglais (23 février 1711).

Parmi ces sacrifices, celui qui coûta le plus à Philippe V, ce fut l'abandon de l'Italie tout entière : au moment où il adressait à son grand-père des pleins pouvoirs pour traiter en son nom (14 février 1712), il le suppliait encore de lui garder à la paix quelque province italienne. Le vieux Roi, impatient de traiter, n'en tint pas compte1. Mais il lui fallut plus d'énergie encore pour obtenir de son petit-fils au début de 1713, après la mort du duc de Bourgogne (8 février), la renonciation au trône de France exigée par les Anglais. La question se posa entre les Bourbons et l'Angleterre au mois d'avril 1712, malgré les préliminaires signés depuis six mois, de la façon la plus imprévue, la plus aiguë : la renonciation de Philippe V à l'une des deux couronnes, France ou Espagne, ou la guerre. « Tout le monde est dans la crainte que la grande et terrible nouvelle des derniers malheurs arrivés en France ne soit un prétexte aux alliés pour difficulter la paix », écrivait Alberoni le 28 mars 1712 2.

Pendant ces mois d'avril et de mai 1712, l'Espagne, son Roi et l'Italie traversèrent une crise décisive. La paix était à leur portée, enfin, après onze ans d'une guerre ruineuse. Mais à quelles conditions! Les Espagnols attendaient avec anxiété les décisions de Philippe V : les abandonnerait-il au duc de Savoie, pour garder, comme Louis XIV l'en priait, ses droits en France? — Obtiendrait-il, comme il le voulait s'il renonçait à l'héritage de son grand-père, quelques dédommagements, une partie de l'Italie que l'Espagne devait toujours regretter. Pour l'orgueil et

1. Pour ces négociations, voir Baudrillart, Philippe V et Louis XIV, p. 43".> à 4'.»3. ■ 2. Lettre d'Alberoni à Rocca, p. 17t.

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