‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 53 sur 189 · Lettre de Vendôme citée dans le même ouvrage, p · texte numérisé non relu

Lettre de Vendôme citée dans le même ouvrage, p

'i Voir particulièrement la lettre de Calaf 21 mars i7i?, où il parle de sa fièvre <lu mois d'octobre, p. 17X II fut malade dès les derniers jours d'octobre 1711; Vendôme au milieu de février 1712, p. 170.— La Reine ;i\ ;iit retenu Vendôme en mars le plus longtemps possible .-'i la cour lettre d'Alberoni à Boselli, 1 mars 1 7 lv

goutte le harcela sans merci. Ils étaient impatients de reprendre des forces, avant de subir de nouvelles fatigues : ils souhaitaient faire provision, en ce printemps, de santé et de gaieté.

Quand ils arrivèrent à Valence, on eût dit des écoliers en vacances. Nous avons conservé leurs notes de voyage. « Son Altesse n'est restée que deux jours à Valence : il passa le samedi à Grao, qui est un village situé sur le bord de la mer, fort bon et à son aise, où il y a quantité de pêcheurs. IL n'est qu'à un quart de lieue de Valence. C'est le plus beau ciel que j'aie jamais vu, où il n'y a jamais ni été ni hiver. C'est un printemps continuel. Il y a un mois qu'on y mange des fraises très délicates et des pois exquis. Sij'avaisàélire un lieu à habiter, c'est celui-là que j'élirais1. » Rien ne les pressait : Philippe V n'avait pas encore pris son parti de la guerre ou de la paix. Le séjour se prolongea une semaine. Vendôme, le 3 mai, se rapprocha de son quartier général, qui était à Tortose; il s'installa à Vinaros, « petit bourg, dit Saint- Simon, presque abandonné, loin des officiers généraux, pour manger du poisson tout son saoul2 ». La faute n'était pas grande d'attendre au bord de la mer, à quelques lieues de ses troupes la décision de la cour, de prolonger ce congé de convalescence.

Les conseils d'Alberoni y ont certainement contribué. A cinquante ans bien sonnés, le métier commençait à lui paraître rude. Le service auprès de Vendôme n'était pas une sinécure. Ce qu'il fit en ces six mois de vœux pour la paix ne se peut nier : « Douze années de guerre, écrivait-il le 1er janvier 1712, devraient nous la donner. Dieu veuille que les préparatifs de la campagne soient inutiles ! Prions Dieu que la reine Anne reste dans ses sentiments et qu'elle parle fort et ferme à M le prince Eugène3. » Il escomptait le terme de ses fatigues, le repos sur lequel il était heureux de prendre quelques avances bien gagnées. Il souhaitait la paix pour son pays même, où « les contingents prussiens s'installaient et faisaient de bonnes vendanges. Espérons que ce sera leur dernier quartier d'hiver4!»

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