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tume de roi d'Espagne, s'il a ainsi créé un conflit avec le pape, l'abbé s'écrie : « Voilà bien ces Allemands, cherchant partout plus de gale à gratter. »
Sont-ce là colères de patriote, ou sentiments feints d'un ambitieux qui voulait plaire à sa cour et à Vendôme1 ? Il importe de s'en assurer, au moment précis où il entre en scène. Va-t-il jouer un rôle qu'il sait agréable au public spécial dont il escompte la faveur? Est-il l'acteur convaincu et peut-être l'auteur d'une grande pièce qui, dans l'histoire, devrait prendre sa place parmi les grandes manifestations du patriotisme italien, entre celles de Jules II et de Cavour. C'est souvent au prologue que ces pièceslà se jugent.
Le 11 octobre 1703, le duc de Savoie adressait deux lettres très humbles au roi Louis XIV et à son petit-fils qu'il se préparait à trahir : il les assurait encore de sa fidélité. Les Bourbons, justement défiants, avaient donné l'ordre à Vendôme, rappelé subitement en arrière, de se procurer un gage de cette fidélité douteuse dans l'occupation immédiate du Piémont : « Pauvre pays, s'écriait Alberoni, il va subir le sort du Palatinat. » C'était bien le cri du cœur d'un Italien, aimant l'Italie à Parme comme un patriote aime la France en son village 2.
Il ne pouvait déplaire aux Farnèse que les Savoie fussent humiliés, écrasés par Louis XIV dont ils escomptaient les victoires. Il était de l'intérêt de Vendôme, pour achever son œuvre dans les vallées du Pô, que les passages des Alpes fussent assurés. Le langage de l'abbé ne se présentait pas comme une flatterie pour ses maîtres ou pour les vainqueurs. Il ne masquait pas un calcul de diplomate. Il trahissait une douleur sincère : « Pauvre pays », ce sera le soupir d' Alberoni à chaque coup que les traités et les guerres porteront à sa terre natale, non pas au Parmesan seulement, mais à l'Italie tout entière. Ce crilà, authentique et de 1703, vaut bien au moins la fameuse exclamation : o c... di angelo, moins certaine, quoique de la même époque. Entre une plaisanterie d'origine douteuse et l'expression sincère et vraie d'une noble pitié, faut-il