Al.hr de Vayrac, III. p
V. Baudrillart, Philippe V et Louis XIV, I. p. 577, d'après Combes, La princesse des Vrsins, p. 17::, •■! l'abbé de Vayrac, III. p. 436; lettre d'Alberoni .'i Rocca, mai 1713, p. 218.
3. Brancas à Torcy, 10 février cl v mars 171 1. dans Baudrillart, l. p. 575.
Conseil d'Etat, trop nombreux cl hostile, puis à régulariser les fonctions du Despacho. De ce cabinet royal qui, par la rivalité de sis membres et la négligence du Roi, était devenu presque inutile, Marie-Louise refit un instrument de centralisation et de travail'. Des hommes nouveaux, sympathiques aux Bourbons, laborieux, le grand inquisiteur del Giudice, et son neveu le prince de Gellamare, le duc de Veragua, instruit des affaires de marine, le président Ronquillo, le confesseur du Roi, le père Robinet, et Orry qui venait d'être nommé veedor gênerai y furent introduits, chacun pour une spécialité dont à un jour marqué le conseil dul régulièrement s'occuper. Le Despacho "devint comme un conseil des ministres, plus actif qu'autrefois, plus compétent, ruineux pour l'autorité des autres Conseils, le vrai centre, le ressort naturel d'une monarchie absolue.
Aussi, on ne revit plus les jours de détresse où le Roi était obligé, pour faire sa fonction et défendre son royaume, de réduire la dépense de sa maison à 15 livres par jour. Sans gène extrême il pouvait entretenir contre les Catalans une armée de 120 bataillons, en garder 40 à la paix, subvenir aux besoins des officiers réformés, acheter des vaisseaux en France et à Gênes2. On faisait état qu'en cas de guerre, l'Espagne à l'avenir serait capable d'armer 50,000 hommes. Ce n'était point encore l'aisance, ni la certitude absolue du lendemain : une reine d'Espagne n'avait guère pour payer ses robes, les dames de son palais, la dépense de ses enfants, et pour faire ses aumônes que 80,000 doublons. Et le Roi en proportion, avec l'obligation en plus de nourrir une foule d'officiers inutiles que sans une révolution on n'aurait pu réformer tous ni supprimer3. Le prix de la vie demeurait exorbitant : le blé coûtait 20 réaux la fanega, le vin 26 réaux le peso, une paire de poulets d'une livre et demie, 6 réaux ; l'huile, la viande, le pain et les autres comestibles à l'avenant, tous augmentés du double. Le peuple de Castille souffrait horriblement, réduit à vivre de lait et de
1. Ce fut alors, dit l'abbé de Vayrac, que l'ancien gouvernement de l'Kspagne disparut (Préface, p. vi).