‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 71 sur 189 · Lettre d'Alberoni à Rocca, 18 mai 1717, p · texte numérisé non relu

Lettre d'Alberoni à Rocca, 18 mai 1717, p

légumes1. Souverain et sujets avaient besoin d'un grand effort commun pour se relever de leurs misères.

Ce qui restait à faire, surtout après avoir trouvé les premières ressources, c'eût été de développer la richesse, la production, l'intelligence nationales. L'Espagne avait encore le premier empire colonial du monde, l'Amérique du Sud, les Antilles, les Philippines. Qu'en faisait-elle? « Il semble, disait l'abbé de Vayrac, que les Espagnols ne s'aperçoivent pas des trésors immenses que la nature leur offre si libéralement, ou s'ils s'en aperçoivent, qu'ils en font si peu de cas qu'ils ne se donnent aucun mouvement pour en profiter. » Les échanges de l'Espagne avec ses colonies consistaient en métaux précieux que les galions apportaient, en marchandises, vêtements et meubles achetés aux fabriques de l'Europe qu'ils remportaient et dont les gouverneurs imposaient l'usage et l'achat aux Indiens. De tout cela, rien ne restait à peu près dans la métropole, que le profit extorqué par les fonctionnaires coloniaux aux misérables indigènes, décimés par le travail des mines, les impôts et la misère.

L'organisation absurde de ce monopole avait livré tout le commerce à la contrebande : ni les marchands, ni la colonie ne pouvaient attendre la flotte royale qui s'en allait à dates irrégulières, suivant le caprice des tempêtes ou des vice-rois, pour Porto Bello et la Vera Gruz,ni le vaisseau unique qui touchait, quand il pouvait, aux Philippines. Les Portugais, les Français, les Anglais, depuis qu'ils venaient de recevoir le droit d'introduire des nègres aux colonies, d'y avoir pour ce trafic des factoreries et de les approvisionner, prévenaient en Amérique l'arrivée incertaine des galions : les marchés du Roi étaienl déserts. Il ne restai! de ressource aux marchands espagnols, pour n'être pas ruinés, que de s'associer à relie contrebande. Quelques-uns à Cadix, en Biscaye surtout le tentaient; mais la plupart, découragés comme les industriels el les paysans par le mauvais régime, la volonté du Roi et la concurrence étrangère, laissaienl faire. ( m calculai! qu'il y avail en Espagne près de 200,000 marchands étrangers : le plus grand nombre faisail rapidement fortune. Il esl difficile

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