‹ La diplomatie secrète au 18e siècle, ses débuts (volume 2)Chapitre 76 sur 189 · Lettre d'Alberoni à Rocca, 31 octobre 171?. p · texte numérisé non relu

Lettre d'Alberoni à Rocca, 31 octobre 171?. p

2. Lettres d Uberoni à Rocca, 17 octobre et 21 novembre 1712, p. 193.

ans1 », écrivait Alberoni qui se réjouissait avec Popoli cl Marie- Louise de Savoie de la défaite des Allemands en Flandre, de l'humiliation du prince Eugène à Denain. El bientôt, en effet, la levée du siège de Girone, au début de 1713, en plein hiver, couronnait la série des efforts par lesquels les Bourbons, défiant la mauvaise fortune, repoussaient la coalition des frontières françaises, et assuraient l'Espagne toute entière à Philippe V. La Catalogne, épuisée par la guerre qui venait de décourager les Autrichiens, abandonnée par eux, défendail sans espérance ses privilèges et marchandait en vain sa soumission Au mois de mars, la femme de Charles VI, demeurée obstinément dans la péninsule pour exciter par sa présence la rébellion des Catalans se préparait au départ: elle jugeait la partie perdue pour son mari, s'acquittait par une belle harangue envers les peuples qui l'avaient acclamée et soutenue*2. Le roi de Portugal rappelai! ses troupes à son tour : « son royaume était abîmé ». Les victoires de la France, l'énergie de la Reine avaient reconstitué l'unité de l'Espagne. « La rébellion des Catalans, Aragonais, Valenciens rendra, concluait Alberoni, les rois d'Espagne plus puissants qu'ils n'étaient. Tant il est vrai que / Stracci vanno alVaria*. » Ainsi se trouvait confirmée par ces succès décisifs la confiance que l'abbé avait inspirée à sa cour dans la force de la monarchie espagnole, dans le triomphe final des Bourbons.

Ce triomphe, on l'attendait avec impatience à Parme, d'abord pour la paix qu'il apporterait à l'Italie dévastée. Chaque lettre que l'abbé recevait sonnait comme un cri d'angoisse. C'étaient des plaintes incessantes sur les méfaits de la cavalerie allemande en Lombardie, sur les quartiers d'hiver que prenaient dans le Parmesan les Prussiens, les Saxons, « cette maudite race, ces infâmes ostrogoths » sur les maladies, conséquences de la guerre qui ruinaient les gens d'Italie et leurs richesses, sur le passage enfin de l'Impératrice avec toute une suite de familles catalanes, aragonaises, attachées jusqu'au bout à sa fortune4. « La paix

Page 1